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Parution : Axelle Neyrinck, Le Massacre des innocents

Axelle Neyrinck, Le Massacre des innocents. Construction et usages d’un mythe, CNRS Éditions, 2026

L’ expression « massacre des innocents » est fréquemment convoquée dans la presse pour désigner les victimes des guerres contemporaines ou du terrorisme. Elle renvoie à un épisode biblique tenant en un seul verset : Matthieu 2, 16.
Comment un texte si fugace des Évangiles est-il devenu un élément de la culture occidentale commune, mobilisé jusqu’à nos jours ?
Axelle Neyrinck enquête sur la construction de cette scène maintes fois représentée et commentée, en nous immergeant au cœur du Moyen Âge. Cette période constitue un moment charnière dans le long processus qui a permis d’extraire le thème du massacre des Innocents de son contexte initial. Quittant le champ du religieux pour revêtir une signification politique et conflictuelle, il s’invite dans les discours liés aux croisades et aux polémiques antijuives médiévales, avant de connaître d’autres résonances au temps des guerres de Religion.
Le livre s’articule autour de trois figures majeures, progressivement simplifiées et employées hors de tout cadre cultuel : les Innocents eux-mêmes, victimes modèles ; Hérode, archétype du mauvais souverain et du bourreau ; Rachel, mère éplorée, symbole du deuil parental.
À travers cette histoire intellectuelle et des représentations, c’est également notre rapport aux violences faites aux enfants qui est interrogé.

Axelle Neyrinck est historienne, maîtresse de conférences en histoire du Moyen Âge à l’université de Reims Champagne-Ardenne.

Voir sur le site de l’éditeur https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/le-massacre-des-innocents/

Appel à communications : Regards croisés sur la présence du passé dans les jeux

Les journées d’études “Regards croisés sur la présence du passé dans les jeux“, organisées par le LISEC, équipe Technologies et Communication (TEC&CO), en partenariat avec le Réseau Francophone d’Histoire Ludique (RFHL), l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (A.P.H.G.) d’Alsace et East Games, l’association régionale des professionnel.les du jeu vidéo, auront lieu les 5 et 6 novembre 2026 à l’Université de Strasbourg.

 

Les jeux à contenu historique font partie intégrante de notre culture historique, qu’il s’agisse des jeux analogiques depuis des siècles ou des jeux numériques depuis quelques décennies. Ainsi on peut s’interroger sur la façon dont ils influent sur notre perception de l’histoire.

Les jeux façonnent-ils notre perception du passé ? Si oui, par quels mécanismes ? Sinon, qu’est-ce qui fait obstacle à une transmission de savoirs théoriques ? Comment les jeux analogiques et numériques peuvent-ils servir à transmettre l’histoire sous forme d’expériences porteuses de sens ? Comment utiliser au mieux les jeux dans un contexte pédagogique pour enseigner et interroger l’histoire ? Telles sont les questions qui seront abordées lors de ces journées d’étude.

Si les travaux pionniers (Uricchio 2005) remontent déjà à plus de vingt ans, la recherche se consacre de plus en plus massivement, depuis un peu plus de dix ans, aux jeux historiques numériques, tout en prenant également en compte les jeux analogiques, et elle s’efforce aujourd’hui de consolider ses méthodes, ses approches, ses perspectives et ses cadres théoriques (Wright, Donald, Webber 2026). Ces journées d’étude s’appuieront sur ces éléments, mais chercheront à aller au-delà des questions d’authenticité et d’exactitude, souvent dominantes, pour se concentrer sur les représentations de l’histoire, la conscience historique, les compétences historiques transmises et la vision historique véhiculée.

L’influence des formats ludiques sur notre perception des événements historiques et notre compréhension de l’histoire constituent des processus complexes qui soulèvent des questions relatives à la représentation de l’histoire, à la spécificité médiatique des jeux analogiques et numériques, à l’apprentissage par le jeu, à l’accompagnement pédagogique, ainsi qu’à la conception du jeu et de la narration.

Ces journées d’étude visent surtout à faire émerger de nouveaux apports grâce à la mise en relation ciblée de différentes perspectives. Elles sont structurées en quatre axes principaux.

Axe 1 : Le regard de l’histoire publique

Les jeux font partie intégrante de la culture historique publique et sont désormais pris en compte par la science de l’histoire depuis plusieurs années déjà (Claus Marriott 2017, Éthier Lefrançois 2022). Le premier axe examine ainsi les jeux numériques et analogiques principalement sous l’angle de l’histoire publique (Donnelly Norton 2021). Il s’agit de voir comment les jeux, en tant que fictions historiques ou, très rarement, en tant que formes documentaires, représentent et transmettent l’histoire. Quels outils d’analyse, issus des médias traditionnels, peuvent être transposés, et quelles particularités les représentations ludiques de l’histoire présentent-elles ? En quoi les jeux offrent-ils une expérience d’histoire publique stimulante sur le plan intellectuel, affectif et émotionnel ? Quelles réflexions conceptuelles et didactiques faut-il prendre en compte, lors de l’utilisation de jeux numériques, dans un contexte pédagogique ? La question de l’interface entre l’université et les écoles peut également être abordée, et en particulier les GameLabs universitaires qui se penchent sur cette question.

Axe 2 : Le regard info-communicationnel

Le deuxième axe porte principalement sur les jeux en tant que supports d’information et de communication. Il complète ainsi le premier axe en tenant davantage compte des spécificités médiatiques des supports ludiques dans la représentation de l’histoire. Ces spécificités font l’objet de débats dans la recherche depuis déjà une bonne dizaine d’années (Chapman, 2016), notamment en distinguant les jeux des films historiques. Il est en effet intéressant de comprendre comment les jeux abordent le récit historique et le récit fictionnel, et quelles sont les nouvelles possibilités médiatiques offertes par les jeux pour la représentation de l’Histoire (Bazile, 2022). La question est de savoir quelles particularités les jeux, en tant que systèmes multimodaux, présentent pour la représentation d’événements (historiques), par exemple en ce qui concerne les lieux ou les sources, et comment il faudrait décrire au mieux les expériences qui en résultent (par exemple, Zimmermann, 2023).

Axe 3 : Le regard de la didactique de l’histoire et de la transmission

Le troisième axe est dans la continuité de l’axe 1, mais avec une approche davantage pratique et didactique que théorique. Il vise à donner la parole à ceux et à celles dont la mission professionnelle consiste à transmettre des connaissances historiques, à savoir les enseignant·e·s du secondaire et les collaborateur·trice·s d’autres institutions de médiation historique (telles que les lieux de mémoire ou les musées). Il s’agit ici de s’appuyer sur les travaux scientifiques existants abordant l’utilisation du jeu vidéo en salle de classe (McCall 2011, Éthier Lefrançois 2022 ou Vincent 2024), qui restent toutefois assez rares en langue française. Les connaissances actuelles doivent être enrichies par de nouveaux témoignages et de nouvelles réflexions sur la littératie médiatique, sur les potentiels et les limites des jeux dans l’enseignement de l’histoire (Boutonnet 2019) et sur l’apprentissage par le jeu et autour du jeu. Il s’agit de voir comment les jeux historiques peuvent transmettre l’histoire et comment ils doivent être analysés en tant qu’éléments de la culture historique, notamment sous la forme de fictions historiques, afin que les élèves du XXIe siècle soient préparés à se confronter au passé et aux représentations du passé qui circulent.

Axe 4 : Le regard du développement de jeux

Le dernier axe aborde un aspect souvent négligé dans la recherche : le volet concret de la production. Bien sûr, les jeux, à l’instar d’autres formes d’art et de divertissement, peuvent être étudiés indépendamment de leurs producteur·rice·s. Mais on ne peut pleinement comprendre les jeux en tant que partie intégrante des industries culturelles et créatives qu’en s’intéressant également à leurs conditions de production. Même si, dans certains projets, des compétences historiques externes sont intégrées dès le début (par exemple dans de nombreux serious games, en collaboration avec des musées ou fondations) ou si des studios font appel à des compétences spécialisées en engageant des historien·ne·s à titre temporaire, voire très rarement de manière permanente (Mochocki, Kot 2024), les jeux restent avant tout le produit de leurs développeur·se·s, qui apportent chacun·e des connaissances historiques préalables très différentes. Comment aborde-t-on les contenus historiques lors du développement de jeux vidéo ? Comment parvient-on à concilier marketing et représentation historique responsable ? Et comment gère-t-on les exigences contradictoires du récit historique et de la conception du jeu ? Comment la théorie historique peut-elle influencer la conception de jeux (Brandis 2026) et quelles visions de l’histoire les développeur·se·s de jeux souhaitent-ils transmettre ? Dans ce contexte, nous recherchons avant tout des témoignages de personnes disposant d’une expérience pratique concrète dans le développement de jeux.

D’autres approches qui abordent le passé dans les jeux, mais qui ne peuvent être clairement classées dans l’un des quatre axes proposés ici, sont également les bienvenues.

 

Comité scientifique

Henri Bazan (École nationale des chartes – PSL)

Raphaël Dapzol (Université de Strasbourg)

Laurent Di Filippo (Université de Lorraine)

Flavie Falais (Université de Limoges)

Jérémy Guidat (1888 Studio)

Simon Hagemann (Université de Strasbourg)

Julien Lalu (Université de Poitiers)

Claude-Alexandre Magot (Université de Strasbourg)

Eugen Pfister (Haute école des arts de Berne)

Laurence Schmoll (Université de Strasbourg)

Élisa Vial (Université du Québec à Montréal)

Romain Vincent (Université Sorbonne Paris Nord)

Annie Xiang (Fonds patrimonial du jeu de société, Université Sorbonne Paris Nord)

 

Informations pratiques

Les propositions de communication, qui devront comporter un titre provisoire, un résumé (de 200 à 300 mots) et une brève notice biographique, sont à envoyer à shagemann [at] unistra.fr.

 

  • Date limite de soumission :  12/09/2026
  • Notification aux communicant·e·s: 20/09/2026
  • Date et lieu des journées d’étude : 05-06/11/2026 (Université de Strasbourg)
  • Prise en charge: Les frais de transport ainsi que les frais d’hébergement des communicant·e·s retenu·e·s pourront être pris en charge dans une certaine limite.
  • Une publication est envisagée.

 

Bibliographie indicative

Bazile, Julien A. (2022). « An “Alternative to the Pen”? Perspectives for the Design of Historiographical Videogames ». Games and Culture, vol. 17, fascicule 6, pp. 855-870.

Brandis, Rüdiger (2026). « Historical theory and game design ». In : Wright, Esther; Donald, Ian; Webber, Nick. Writing Game Histories. London, New York: Bloomsbury, pp. 207-225.

Boutonnet, Vincent (2019). « Analyse (didactique) d’un jeu vidéo historique : démocratie et éducation à la citoyenneté dans Civilization VI ». Revue de recherche en littératie médiatique multimodale, Volume 9.

Chapman, Adam (2016). Digital games as history. How videogames represent the past and offer access to historical practice. Abingdon, Oxon et New York : Routledge.

Claus, Peter ; Marriott, John (2017). History. An introduction to theory, method and practice. 2e éd. Londres : Routledge.

Donnelly, Mark ; Norton, Claire (2021). Doing History. 2e éd. Abingdon, Oxon et New York : Routledge.

Éthier, Marc-André ; Lefrançois, David (2020). Le jeu vidéo et l’histoire. Assassin’s Creed vu par les historiens. Montréal : Del Busso Éditeur.

Éthier, Marc-André ; Lefrançois, David (2022). Les usages pédagogiques des jeux vidéo « Assassin’s Creed ». Paris : Hermann.

McCall, Jeremiah (2011). Gaming the past. Using video games to teach secondary history. New York : Routledge.

Mochocki, Michal, Kot, Yaraslau I. (2024). « Historical Consulting for Digital Games: From General Reflections to CEE Game Industries ». Homo Ludens, vol. 17, fascicule 1, pp. 39–68.

Uricchio, William (2005). « Simulation, History, and Computer Games ». In: Goldstein, Jeffrey; Raessens, Joost. Handbook of Computer Games Studies. Cambridge (Massachusetts) : MIT Press, pp. 327–338.

Vincent, Romain (2024). Du ludique au pédagogique : la scolarisation du jeu vidéo par les enseignants. Thèse de doctorat. Université Paris-Nord – Paris XIII.

Wright, Esther ; Donald, Ian ; Webber, Nick (2026). Writing Game Histories.. London, New York : Bloomsbury.

Zimmermann, Felix (2023). Virtuelle Wirklichkeiten. Atmosphärisches Vergangenheitserleben im Digitalen Spiel. Marburg : Büchner.

Appel à communications : Cultures populaires et représentations de l’histoire : Fécondités du cliché

Le deuxième colloque de l’ANR PASSIM, organisé par Anne Besson et Justine Breton, aura pour sujet “Cultures populaires et représentations de l’histoire : Fécondités du cliché“. Il se déroulera à la BnF – Bibliothèque de l’Arsenal (Paris) les 11 et 12 mars 2027.

Date limite d’envoi des propositions : 15 septembre 2026.

Ce colloque a pour objectif d’analyser collectivement les variables terminologiques et disciplinaires autour du traitement du « cliché » : comment le nomme-t-on ? Comment l’évalue-t-on ? Quelle place lui accorder dans l’analyse des fictions historiques et de leur réception ?

Foisonnement lexical

Cliché et stéréotype sont deux termes désignant des techniques d’imprimerie qui permettent la reproduction à l’identique : « clicher » s’emploie d’abord au XVIIIe siècle pour dire « imprimer une gravure », sens qu’on retrouve dans « cliché photographique », ou en informatique quand on « cliche » (sauvegarde sur un autre support). Dans un prolongement direct, depuis le XIXe siècle ces termes désignent dans le langage courant des expressions, images ou figures de style devenues banales à force d’être répétées ; en stylistique, le cliché renvoie à une expression constituant un écart de style par rapport à la norme et qui se trouve banalisée par l’emploi trop courant qui en a déjà été fait.

Un nécessaire effort de clarification lexicologique sera mené sur les nuances d’emploi des termes qualifiant, selon les disciplines ou les démarches, les éléments récurrents du répertoire : à côté de ces très utilisés « clichés » et « stéréotypes », parfois distingués sur une échelle axiologique[1], certaines dénominations se sont spécialisées dans la désignation d’un imaginaire collectif ancien. Selon les disciplines et des spécificités médiatiques, plusieurs variantes sont à considérer, sans que la liste ci-dessous soit exhaustive :

  • les « images d’Épinal » nommées à partir d’une forme médiatique de grande diffusion considérée comme particulièrement simple à appréhender,
  • les « mythèmes » des anthropologues (plus petites unités constitutives des mythes[2]),
  • les « motifs[3]» de la médiévistique,
  • le terme « réplicateurs[4]» a pu à son tour être proposé pour cette fois caractériser les plus petits dénominateurs communs identifiant les périodes historiques, équivalents des « supersignes » linguistiques, particulièrement faciles à utiliser, à reconnaitre et à comprendre.

D’autres propositions ont été forgées pour désigner les réalités médiatiques récentes et font partie du vocabulaire de communautés de réception spécifiques :

  • les « iconogrammes[5]», unités sémiotiques texte-image se prêtant au réemploi intermédial,
  • les mods des gamers (briques de code permettant le partage d’ajouts à tel ou tel jeu),
  • les tropes, balises incontournables de l’organisation en « wikis » de cette culture participative des genres médiatiques et lectures en ligne
  •  

Ce colloque visera à mettre ces éléments terminologiques en commun, et à interroger leur mise en relation : comment leurs additions, accumulations ou contradictions génèrent-elles des phénomènes d’intertextualité et d’intericonicité, de véritables répertoires thématiques et visuels, en particulier lorsqu’il s’agit d’aborder des représentations ancrées dans le temps historique ?

 

Entre histoire et fictions

Histoire et fictions présentent un rapport radicalement différent à la question du cliché. Les fictions populaires et médiatiques reposent sur des conventions partagées[6] et l’assument explicitement, tant pour leur production, encadrée par les logiques éditoriales de genres et celles, industrielles, de reproduction des succès, que pour leur réception, souvent pensée en termes de pacte ou de contrat, tels que les attentes préformées des publics se devront d’être satisfaites par leur consommation. La créativité et le renouvellement y sont en réalité nécessaires et massives (il s’agit de ne pas lasser des lecteur.rice.s, spectateur.rice.s, joueur.se.s, dont l’expertise est affûtée par l’offre énorme à leur disposition), tandis que réciproquement « la stéréotypie », loin de se trouver cantonnée à ces corpus, « est une dimension inéluctable du fonctionnement du langage et de la pensée[7] », configurant donc inévitablement « l’horizon d’attente » des publics.

Reste que la distinction entre une culture légitime, « de production restreinte[8] », et la masse des œuvres plus explicitement prises dans le jeu du marché, passe par une opposition axiologique marquée entre originalité, singularité, expérimentation d’une part ; et de l’autre reproduction, familiarité, redondance. En ce sens, il pourra être pertinent d’interroger les distinctions éventuelles de ces clichés entre d’un côté les productions de masse, nées d’une industrie complexe et destinée à une réception large, et de l’autre les créations de fans, a priori destinées à un marché réduit mais opérant à la fois une synthèse et une altération des modèles transmis par le marché culturel grand public.

L’Histoire publique a pour sa part déclaré la guerre aux clichés. En témoigne l’intérêt évident des vulgarisateurs d’histoire pour ces questions – qu’il s’agisse par exemple des podcasts « C’est plus compliqué que ça » du journaliste Jean-Christophe Piot (6 saisons depuis 2020), qui dénonce les « croyances erronées », ou de « Clichés sur le Moyen Âge », rubrique ouverte en 2022 de « Passion médiéviste » (Fanny Cohen-Moreau), et de nombreux ouvrages dénonçant les simplifications historiques, souvent en lien avec la dimension politique du roman national (Le vrai visage du Moyen Âge. Au-delà des idées reçues, 2017, ou le récent France Fictions. Histoire des idées reçues de l’histoire de France). On pense aussi au vaste mouvement de fact-checking des films et séries historiques sur des chaînes YouTube dédiées (Ronel Konijnendijk, « How real is it ? » sur la chaîne Insider) ou des comptes Instagram comme celui de Julien Magalhães sur l’histoire de la mode et du vêtement « pour en découdre avec les anachronismes à l’écran[9] ». Cette capacité à dépasser les représentations communes pour approcher une « vérité historique » ignorée des non-experts, avec la dimension genrée qu’elle peut recouvrir[10] (la raison éclairée en lutte contre la bêtise et la passivité), est non seulement devenue un gage désirable de scientificité, mais bien aussi un des grands attraits de l’Histoire pour les amateur.rice.s qu’elle passionne. La volonté de se détacher de l’Histoire telle qu’elle est notamment présentée dans les fêtes historiques (garantes de l’Histoire événementielle) ou dans les fêtes médiévales (qui participent à renforcer les stéréotypes associés au Moyen Âge) conduit par exemple les pratiquants d’histoire vivante (notamment de reconstitution historique) à battre en brèche certains stéréotypes, quitte à en créer de nouveaux. Ainsi, peut être présentée au public la courte durée d’un duel à l’épée en même temps qu’une uniformisation des techniques et des objets. La principale vertu du cliché en histoire ne saurait être que pédagogique et dans un tel cadre, il fonctionne littéralement comme un repoussoir : « c’est à partir de celui-ci, telles l’image du barbare poilu et sale ou celle des prétendues sorcières, que l’historien, le philologue ou l’enseignant peuvent déconstruire le stéréotype et élaborer un discours scientifique sur le Moyen Âge[11] [ou tout autre période historique]. »

Si rien dans sa définition ne condamne le « cliché » à être forcément une erreur ou un anachronisme, dans les faits, et tout particulièrement en histoire, il est traité comme une faute que l’on prend plaisir à corriger, ou comme la persistance indéracinable d’une historiographie obsolète. Pourtant, « l’entrée en Histoire », vu l’importance du temps quotidien aujourd’hui voué à la consommation de médias dès l’enfance, se fait bien souvent par la fiction[12] et les « fictions populaires historiques » ont toujours constitué des corpus majeurs, de la Bibliothèque Bleue à la fantasy des XXe-XXIe siècles, en passant par le roman historique post-Walter Scott ou d’inspiration scottienne. Or, ces corpus usent régulièrement de clichés et de motifs récurrents, qu’ils soient inconscients, assumés ou détournés, offrant ainsi une porte d’entrée dans la fiction historique par des éléments que l’histoire s’évertue ensuite à déconstruire. De même, quid des jeux vidéo historiques qui, sur le modèle de la franchise Assassin’s Creed, reposent sur un paradoxe en permettant de (re)jouer l’histoire tout en valorisant une fidélité jusqu’au détail, soutenue par une caution scientifique érigée en argument marketing important ?

Ne convient-il pas de voir, plutôt qu’une opposition stérile entre une fiction mensongère, in-authentique, dangereuse même dans les illusions qu’elle crée ou fait perdurer d’une part, et d’autre part un regard historique, et d’ailleurs plus largement scientifique, qui la rectifie pour rétablir les vérités qu’elle dissimulait, une tension féconde permettant une double évolution parallèle, étroitement tressée ? La rigueur historique y trouverait dans ce cas la matière pour refourbir sans cesse ses armes pour son nécessaire combat, toujours à reprendre, contre la déformation des faits (dont les variantes idéologiques ne cessent de se surajouter aux simplifications pratiques du divertissement). Les fictions, pour leur part, y gagneraient, outre un public passionné (même si c’est parfois sous la forme de l’indignation), d’utiles mises à jour historiographiques qui leur permettraient de renouveler leur stock de clichés.

À l’occasion du deuxième colloque de l’ANR PASSIM, il s’agira de réfléchir à ce que les fictions populaires (littérature de genre, séries télévisées, films, bandes dessinées, publicités, jeux de tous types…) retiennent de l’histoire, et à la manière dont elles renouvellent ou renforcent les clichés. En évitant les études monographiques sur tel ou tel cliché spécifique, on proposera lors de ce colloque une réflexion plus large sur le rôle, les limites, et éventuellement les intérêts des clichés dans les fictions historiques, toutes périodes confondues, et sur leur évolution dans la production comme dans la réception de ces œuvres. Y a-t-il des clichés plus importants que d’autres à modifier ? Lesquels sont repris, lesquels abandonnés, quand et pour quelles raisons ? Comment rendre compte que certains d’entre eux suscitent une crispation particulière à tel ou tel moment de l’histoire ? On sera attentifs enfin aux éventuelles divergences entre différentes périodes historiques : toutes les périodes sont-elles égales face aux clichés ? Ont-ils la même portée pour les périodes anciennes que pour des époques plus proches de nous ?

Les propositions de communication pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes ci-dessous, sans s’y limiter :

  • Les terminologies autour du cliché et leurs enjeux épistémologiques.
  • Le rapport du cliché au réalisme dans la culture populaire : erreur, anachronisme, produit d’appel ?
  • Les enjeux politiques et institutionnels du cliché historique.
  • Le cliché comme outil de pensée historique.
  • Le rôle du cliché dans les pratiques de communication et de transmission : point de reconnaissance, référence commune, élément humoristique, enjeu didactique et pédagogique, valeur marketing.
  • L’existence d’une éventuelle hiérarchie dans les clichés ou dans les époques auxquelles ils renvoient.
  • L’évolution et la réception des clichés historiques : processus de saturation, renouvellement, capacité auto-répliquante, notamment à l’heure de l’IA.
  •  

Les propositions de communication, d’une longueur d’environ 2000 signes, sont à envoyer conjointement à Anne Besson (anne.besson [at] univ-artois.fr) et Justine Breton (justine.breton [at] univ-lorraine.fr) pour le 15 septembre 2026 au plus tard.

 

Bibliographie indicative

Amossy Ruth, Les idées reçues. Sémiologie du stéréotype, Paris, Nathan « Le texte à l’œuvre », 1991.

Amossy Ruth et Elisheva Rosen, Les discours du cliché, Paris, CDU-SEDES, 1982.

Amossy Ruth et Anne Herschberg-Pierrot, Stéréotypes et clichés. Langue, discours, société, Paris, Nathan université « 128 », 1997.

Amy de la Bretèque François, L’imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, Honoré Champion, 2018 (Nouvelle bibliothèque du moyen Âge, 70).

Bostal    Martin et Tuaillon Demésy Audrey, « Fêtes médiévales »,           in Besson Anne, Blanc William et Ferré Vincent (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge imaginaire. Le médiévalisme, hier et aujourd’hui, Paris, Vendémiaire, 2022, p. 169-172.

Bourdieu, Les Règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire, Paris, Seuil, [1992] 2012.

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Vincensini Jean-Jacques, Motifs et thèmes du récit médiéval, Paris, Nathan, « Fac. Littérature », 2000.

Zumthor Paul, « Topique et tradition », Poétique, no7, 1971, p. 354-365.

[1] Breton Justine, « Tout est bien qui finit… bien ? Pour une dialectique du stéréotype dans la fantasy de Game of Thrones », in Anne Besson (dir.), Game of Thrones, actes du colloque des Imaginales 2020, Chambéry, ActuSF, 2021, p. 47-66.

[2] Proposé par Claude Lévi-Strauss (« La structure des mythes », dans Anthropologie structurale, Plon, 1958), le terme est toujours employé, par exemple par Thomas Mohnike dans ses travaux sur les mythes nordiques (voir son article « Narrating the North. Towards a theory of mythemes of social knowledge in cultural circulation », Deshima: Arts, lettres et cultures des pays du Nord, 2020 ; et le blog du projet « Mythems of Knowledge : Tracing Narrative Grammar with Computational Methods » (https://mythemes.hypotheses.org/).

[3] Initiée par Paul Zumthor (« Topique et tradition », Poétique, no7, 1971, p. 354-365) ou Jacques Le Goff (Jacques Le Goff, chapitre « Le merveilleux dans le monde occidental », L’Imaginaire médiéval, Paris, Gallimard, 1985, p. 17-39), leur étude a donné lieu à un projet au long cours de Thésaurus informatisé, mené par Francis Dubost (« Un outil pour l’étude des transferts de thèmes : Le Thésaurus informatisé des motifs merveilleux de la littérature médiévale », in Marie-Madeleine Fragonard et Caridad Martinez (dir.), Transferts de thèmes, transferts de textes, Barcelone, PPU, 1997, p. 21-47) et Francis Gringras (Une étrange constance – Les motifs merveilleux dans la littérature d’expression française du Moyen Âge à nos jours, Francis Gringras, Francis Dubost et al., Presses Université Laval « La République des Lettres », 2006). Voir aussi Jean-Jacques Vincensini, Motifs et thèmes du récit médiéval, Paris, Nathan, « Fac. Littérature », 2000.

[4] Chandès Gérard, « Réplicateurs visuels et sonores du monde néo-médiéval », Itinéraires, 3, 2010, p. 167-175.

[5] C’est le terme retenu par André Gunthert pour ses travaux en histoire culturelle et sémiologie de l’image : « Iconogrammes. Le récit des images », Bulletin de l’Association pour le développement de l’histoire culturelle, n° 18, septembre 2019, p. 20-31) et sur le blog Image sociale https://imagesociale.fr/7656. Voir aussi François Amy de la Bretèque, L’imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, Honoré Champion, 2018 (Nouvelle bibliothèque du moyen Âge, 70).

[6] « L’autoréférentialité des produits culturels de masse désigne la réflexion à l’infini de codes romanesques et de figures culturelles stéréotypées telles que le “super héros” ou son envers le “privé alcoolique”. […] [Les théories de l’information] insistent notamment sur la très grande entropie du cliché, au cœur du processus de massification culturel. Plus le message est pauvre, plus son interprétation sera erratique et par la même susceptible d’une propagation maximale » (Frédéric Sayer, « Penser la culture de masse en littérature comparée », in Antonio Dominguez Leiva, Sébastien Hubier, Philippe Chardin et Didier Souiller (dir.), Etudes culturelles, anthropologie culturelle et comparatisme. Actes du XXXVe congrès de la SFLGC, volume I, Neuilly les-Dijon, Les éditions du Murmure, 2010, p. 303-311, p. 304).

[7] Jean-Louis Dufays, « Le stéréotype, un concept-clé pour lire, penser et enseigner la littérature », Marges linguistiques, 2001, p. 19-30.

[8] Pierre Bourdieu, Les Règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire, Paris, Seuil, [1992] 2012.

[9] Julien Magalhães, Erratum. Pour en découdre avec les anachronismes à l’écran, Paris, Hoëbeke, 2022.

[10] Ysé Vaucher, « Produire le vrai sur le faux : sociologie politique des discours et pratiques de lutte contre les fake news », thèse de science politique, Université Paris 1, 2024.

[11] Marco Conti, Amalia Desbrest et Simon Rozanès, « Le Moyen Âge, fabrique de stéréotypes ? », Essais [En ligne], 20 | 2023, mis en ligne le 20 juin 2023, consulté le 02 mars 2026. URL : http://journals.openedition.org/essais/12494. Pour le numéro complet : https://journals.openedition.org/essais/12464.

[12] Emmanuelle Fantin et Julien Tassel (dir.), Quand l’enfance rencontre l’histoire. Imaginaires, représentations et savoirs, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, 2025.

 

Appel à contributions pour la revue “Ecrire l’histoire” : “Reconstitutions” (enjeux de la reconstitution dans les arts de l’image en mouvement et de la scène)

Numéro à paraître courant 2027

[English below]

Dans les domaines cinématographique, télévisuel, scénique ou artistique, les contraintes de la reconstitution historique sont fréquemment associées à un idéal de résurrection du passé et à un impératif de respect des données événementielles, matérielles ou archéologiques susceptible de témoigner du professionnalisme de la production dans différents secteurs : décors, costumes, accessoires, figuration, voire scénario et dialogue (déroulé chronologique, causalité historique, fonctionnement social). Pour ce faire, les œuvres peuvent mobiliser la collaboration de spécialistes extérieurs au champ créatif, qui apportent une caution de conformité et de respectabilité à l’ensemble.

La reconstitution se heurte fréquemment, néanmoins, à ses propres limites : pressions budgétaires et temporelles associées au domaine de création, connaissances incomplètes ou discutées, difficultés à documenter l’intégralité concrète et le quotidien d’une époque résolue, nécessité d’adapter l’effort de restitution aux attentes des publics contemporains, etc. En outre, l’effort de restitution matérielle peut être appréhendé moins comme une ambition que comme une pesanteur, si ce n’est une servitude, la représentation visuelle du passé renvoyant dans cette optique à une dimension naïvement scolaire ou didactique, fatalement partiale ou illusoire, dont l’art aurait intérêt à s’émanciper.

De fait, l’attention académique accordée aux tentatives de reconstitution a d’abord résulté d’une vigilance disciplinaire d’origine historienne, évaluant les œuvres au prisme de leur degré de conformité aux connaissances disponibles, approche souvent peu préoccupée par les enjeux proprement créatifs et imaginaires, peu sensible voire hostile aux nécessités de l’anachronisme, du déplacement et de l’actualisation. Nombreux ont été les travaux, par ailleurs, attachés aux usages idéologiquement chargés de la reconstitution, le discours historique dont elle est le vecteur agissant à son tour, au moment de sa réception, sur un contexte socio-politique déterminé. Une autre approche semble spécifiquement liée, depuis quelques années, aux enjeux techniques et aux savoir-faire artisanaux présidant aux réalisations de grande envergure, aspects faisant l’objet d’une attention croissante de la recherche, par exemple dans le domaine du cinéma (dessins préparatoires, trucages, habillage-maquillage-coiffure [HMC], retombées environnementales, etc.). Les approches économiques et institutionnelles ont également pu croiser, ponctuellement, certaines productions historiques dont les dimensions et le faste ont semblé exemplaires en raison des ressources et des collaborations mobilisées.

Dans cette perspective, le présent numéro de la revue Écrire l’histoire souhaite repartir de la question de la reconstitution, malgré son caractère d’évidence et sa possible trivialité, pour interroger de façon problématisée l’entrecroisement constant des questions matérielles, historiques, créatives et esthétiques. On souhaiterait en particulier donner à observer la manière dont l’écriture et la vision historiques déterminent les choix de reconstitution, tout en étant en retour déterminées et reconfigurées par ces derniers. On pourra mettre en lumière les marges d’invention et de stylisation laissées aux artistes par les sources à disposition, le jeu des références visuelles et des niveaux d’intertextualité propres à toute production d’image, le caractère imprévisible de processus créatifs qui se limitent rarement au simple décalque, les modalités d’implication des publics face à la diversité des échelles et des formats, ou encore les stratégies destinées à générer un sentiment d’authenticité. Ces orientations pourront être l’occasion de revenir sur le caractère collectif et partagé d’écritures essentiellement non verbales, visuelles et matérielles de l’Histoire, déterminées par des contraintes techniques et institutionnelles sans cesse renouvelées, mais aussi par les évolutions du champ historique proprement dit. En sens inverse, l’emprise et l’influence de ces reconstitutions visuelles sur la recherche académique pourront faire l’objet d’une réflexion spécifique. Conjointement on pourra interroger le foisonnement des reconstitutions costumées à caractère festif ou commémoratif, en lien avec certaines tendances culturelles contemporaines (essor de la patrimonialisation nationale ou régionale, du médiévalisme, de l’histoire militaire, etc.) et avec la diversité des réappropriations. La reconstitution pouvant être tout autant tentative résurrectionnelle qu’opération idéologique, les implications politiques de la reconstitution dans ses déclinaisons actuelles seront susceptibles de faire l’objet de propositions spécifiques.

Les objets abordés pourront relever de l’ensemble des arts de l’image animée (cinéma, télévision, jeu vidéo) et de la scène, sans limitation à une période temporelle. Des travaux portant sur des aires non-occidentales seront particulièrement appréciés. Les enjeux sonores de la reconstitution pourront être pris en considération, de même que les dispositifs muséaux.

Les propositions de contribution, en français ou en anglais’, d’une longueur de 2000 à 3000 signes, accompagnées d’un état bibliographique provisoire, sont attendues pour le 15 avril 2026

Les propositions retenues donneront lieu à une remise d’article d’ici au 15 novembre 2026 (La revue ne garantissant pas le financement de traductions, les auteurs et autrices retenus devront veiller à proposer une traduction de leur article.)

Direction du numéro et contacts

Gaspard Delon — gaspard.delon(a)u-paris.fr

Marie Frappat — marie.frappat(a)u-paris.fr

Université Paris Cité — Laboratoire CERILAC — UFR LAC

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Call for Papers for the Journal écrire l’histoire

“Reconstructions” Issue to be published in 2027

In the fields of cinema, television, theatre, and the arts, the practice of historical reconstructiomre-enactment is often associated with the dual ideal of reviving the past and adhering to factual, material, or archaeological accuracy. Such fidelity is typically viewed as a hallmark of professional excellence, reflected in domains as varied as set design, costume, props, extras, and even scriptwriting and dialogue (chronological sequence, historical causality, social practices). To this end, productions frequently enlist the expertise of specialists from beyond the creative sphere, whose authority guarantees the overall credibility and respectability of the project.

Yet reconstruction inevitably encounters its own limitations: the financial and temporal constraints inherent in any creative process; the incompleteness or contestation of historical knowledge; the difficulty of documenting the material and everyday realities of vanished worlds; and the need to adapt reconstruction to the expectations of contemporary audiences. Moreover, the very endeavour to reproduce the past in material form may be perceived less as an artistic aspiration than as a burden—or even a form of servitude—whereby the visual representation of history assumes a naively academic or didactic guise, inevitably partial or illusory, from which art might seek to liberate itself.

Academic engagement with reconstruction/re-enactment has long stemmed from the disciplinary vigilance of historians, assessing works according to their degree of conformity with estabhshed knowledge. Such assessments have often shown limited concern for creative or imaginative processes, and httle sympathy for anachronism, displacement, or reinterpretation. Numerous studies have also examined the ideologically charged uses of reconstruction, whereby the historical discourse embedded in representation interacts with the socio-political context of its reception. More recently, attention has turned to the technical challenges and craftsmanship of large-scale productions—subjects that have gained increasing scholarly interest in fields such as cinema (stoiyboarding, special effects, costume, make-up and hairstyling, environmental impact, and so forth). Economic and institutional analyses have likewise intersected with case studies of historical productions whose magnitude or splendour exemplifies the networks of resources and collaboration they mobilise.

Against this background, this issue of Ecrire l’histoire seeks to revisit the notion of reconstruction  espite, or precisely because of, its apparent obviousness and ubiquity—in order to explore the constant entanglement of material, historical, creative. and aesthetic concerns. In particular, we aim to highlight how historical writing and vision inform the choices involved in reconstruction, while simultaneously being shaped and reconfigured by theni. Contributors are invited to examine the scope for invention and stylisation that available sources afford artists; the interplay of visual references and intertextual strata intrinsic to image-making; the unpredictability of creative processes that rarely amount to mere replication; the ways in which audiences participate across diverse scales and formats; and the strategies employed to evoke authenticity.

Such approaches may also provide an opportunity to reconsider the collective and shared nature of essentially non-verbal, visual. and material modes of historical writing—modes conditioned by ever-evolving technical and institutional constraints. as well as by developments within the discipline of history itself. Conversely, contributors might reflect on how these visual reconstructions, in turn. influence academic research. Furthermore, the proliferation of festive or commeiiiorative costume re-enactments invites reflection on contemporary cultural phenomena such as the rise of national or regional heritage movements, inedievalism, or the popularisation of military history. together with their diverse reappropriations. Since re- enactment may function as both an act of revival and an ideological operation, its political implications in present-day contexts are also welcome areas of inquiry.

Submissions may address all forms of the moving image (fitter, television, video games) as well as the performing arts, without temporal restriction. Contributions focusing on non- Western contexts are particularly encouraged. Consideration may also be given to the sonic dimensions of reconstruction and to nniseograplilc practices.

Proposals, in French or English(1), of between 2,000 and 3,000 characters (including spaces). accompanied by a provisional bibliography, should be submitted by 15 April 2026. Authors of selected proposals will be invited to submit their full articles by 15 November 2026.

Issue editors and contact details:

Gaspard Delon — gaspard.delon(a)u-paris.fr

Marie Frappat — marie.frappat(a)u-paris.fr

Université Paris Cité — Laboratoire CERILAC — UFR LAC

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(1) As the journal does not guarantee binding for translations, authors whose articles are accepted must ensure that a French translation of their article is provided.

Journal

httos://nzvw.cnrseditions.fr/revue/ecrire-lhistoire/

 

 

Séminaire : alimentation et médiévalisme

Séminaire organisé par Justine Breton (Sama, Université de Lorraine), Alban Gautier (Centre Michel de Boüard, Université de Caen) et Aude Mairey (LaMOP, CNRS-Université Paris 1)
La nourriture, la boisson et, plus largement, les pratiques alimentaires, tiennent une place importante dans les représentations contemporaines du monde médiéval, que celles-ci tendent au réalisme ou qu’elles relèvent de la fantasy. De Walter Scott à J. R. R. Tolkien en passant par le cinéma, la bande dessinée, le marketing et les pratiques de reconstitution, le Moyen Âge est regardé à la fois tantôt une période de profusion alimentaire, voire d’excès et de débordements tantôt comme une période marquée par la faim ou par les nourritures immangeables : entre nostalgie et imaginaire, il est à la fois modèle et repoussoir. Malgré cette omniprésence du fait alimentaire dans les représentations du Moyen Âge, celui-ci a été relativement peu étudié dans le cadre des études médiévalistes. Ce séminaire a pour objectif de favoriser la réflexion sur ce sujet en proposant à des spécialistes de plusieurs disciplines (histoire, littérature, histoire de l’art, anthropologie…), médiévistes ou non, de présenter leur travail sur divers dossiers et études de cas, bouclés ou en cours.



Les séances du séminaire se dérouleront à Paris, en Sorbonne (salle Jean-Baptise Duroselle) et à distance, les vendredis 13 février et 13 mars 2026 de 14h à 17 heures.
Pour s’y inscrire, contacter Aude Mairey (aude.mairey (at) univ-paris1.fr)

Programme :

13 février :

  • Alban Gautier, Introduction : Alimentation et médiévalisme : un territoire à explorer
  • Justine Breton, Tables de fiction : Étude des livres de recettes issus d’univers médiévalistes fictionnels
  • Audrey Tuaillon Demésy (Université Marie et Louis Pasteur, laboratoire C3S), « Une bonne partie de la journée est consacrée à la cuisine ». Les pratiques alimentaires en reconstitution historique.

13 mars :

  • Noëlle Philips (Department of English, Douglas College), Forgotten Alewives : Masculine
Medievalism in Modern Beer Marketing
  • Yohann Chanoir (Sciences Po Reims, chercheur associé au CRH), Les pratiques
alimentaires dans les films médiévalistes : une mise en (s)-cène ?
  • Aude Mairey, L’alimentation dans Bilbo le Hobbit et le Seigneur des anneaux
Food, Drink and Medievalism

English version
Organisation : Justine Breton (Sama, Université de Lorraine), Alban Gautier (Centre Michel de Boüard, Université de Caen) et Aude Mairey (LaMOP, CNRS-Université Paris 1)
Eating, drinking and, more generally, dietary habits, are an important dimension of modern representations of the medieval world, whether they tend towards realism or belong to the field of fantasy. From Walter Scott to J. R. R. Tolkien, from cinema and comic books to marketing and living history, the Middle Ages is seen either as a period when food and drink were available aplenty, to the point of excess and hubris, or as the reign of famine and inedible foodstuffs: between nostalgia and imagination, it is both a template and a foil. Despite this ubiquity of food and drink in representations of the Middle Ages, this topic has not received much scholarly attention in the
field of medievalism studies. With this seminar, we aim to foster reflections on this subject by allowing scholars of several disciplines (history, literature, art history, anthropology…), whether they are themselves medievalists or not, to present their work on a diversity of projects and case studies, completed or in progress.

The sessions of our seminar will take place in Paris, in the Sorbonne (salle Jean-Baptise Duroselle) and by Zoom, on Fridays 13 February and 13 March 2026 afternoons.
Inscription : contact Aude Mairey (aude.mairey@univ-paris1.fr)

Program :

13 février :

  • Alban Gautier, Introduction : Alimentation et médiévalisme : un territoire à explorer
  • Justine Breton, Tables de fiction : Étude des livres de recettes issus d’univers médiévalistes fictionnels
  • Audrey Tuaillon Demésy (Université Marie et Louis Pasteur, laboratoire C3S), « Une bonne partie de la journée est consacrée à la cuisine ». Les pratiques alimentaires en reconstitution historique

    13 mars :
  • Noëlle Philips (Department of English, Douglas College), Forgotten Alewives : Masculine
Medievalism in Modern Beer Marketing
  • Yohann Chanoir (Sciences Po Reims, chercheur associé au CRH), Les pratiques
alimentaires dans les films médiévalistes : une mise en (s)-cène ?
  • Aude Mairey, L’alimentation dans Bilbo le Hobbit et le Seigneur des anneaux

Sébastien GINHOUX

Sébastien GINHOUX

Né le 11 mai 1997 à Beaumont (63)@ : sebastien.ginhoux@laposte.net

Agrégé d’histoire, docteur en histoire médiévale, Professeur au lycée Henri Becquerel (Nangis, 77370), docteur à l’Université de Lorraine (laboratoire SAMA, 199213354E)

 Titres universitaires

  • 2025-2026. Licence 1 LLCER Polonais. Inalco (Paris 13e). En cours.
  • 2020-2025. Doctorat en histoire médiévale – Université de Lorraine / laboratoire SAMA (ancien HisCAnt-MA) / École doctorale SLTC
    • Thèse : « Échanges politiques, commerciaux et culturels entre le Regnum Poloniae et ses voisins non-chrétiens (Baltes et Mongols) du xiiie au xvesiècle », sous la direction de Sylvain Gouguenheim (1 volume corps + annexes, 793 p.).
    • Jury : Sylvain Gouguenheim (directeur, Université de Lorraine), Darius Baronas (rapporteur, Lithuanian Institute of History, Vilnius), Marie-Madeleine de Cevins (Université de Rennes), Marie Favereau (Université Paris-Nanterre, Bishkek), Natalia Nowakowska (présidente, rapportrice, Oxford University).
    • Résumé : Sébastien Ginhoux, « Échanges politiques, commerciaux et culturels entre le Regnum Poloniae et ses voisins non-chrétiens (Baltes et Mongols) du xiiie au xve siècle », Actualités de la recherche doctorale du SAMA, 2024 [https://mediantdoc.hypotheses.org/1352]
  • Master 2 Mondes médiévaux – ENS de Lyon. Directeur : Sylvain Gouguenheim (Université de Lorraine). Sujet : La pensée et l’action politiques de Mikołaj Trąba (1400-1422). Admis mention Très bien.
  • Agrégation d’histoire – rang 27.
  • Master 1 mondes médiévaux – ENS de Lyon. Directeur : Sylvain Gouguenheim (Université de Lorraine). Sujet : Le procès polono-teutonique de 1422.
  • Licence Histoire – Université Clermont Auvergne. Admis mention Très bien.
  • 2014-2016. Khâgne A/L, spécialité histoire-géograpahie. Lycée Henri IV (Paris 5e).
  • Baccalauréat scientifique (mention Très bien avec félicitations du jury). Lycée Montdory (63).

Publications

  • « L’art de la guerre des populations baltes du XIIIe au XVe siècle : constances et innovations », Médiévales, n°84, 2023, p. 43-64. Communication en mars 2022.
  • « La persécution des non-humains dans Le Sorceleur d’Andrzej Sapkowski », co-écrit avec Solène Minier, Essais [En ligne], 20, 2023 : https://journals.openedition.org/essais/12760. Communication en octobre 2021 à la journée d’études doctorales du CIHAM (Lyon).
  • Notice « Nicolas Traba », in De CEVINS Marie-Madeleine (dir.), Démystifier l’Europe centrale, Paris, Passés Composés, 2021.
  • « Regnum Poloniae, Grand-duché de Lithuanie, Horde d’Or : la dynastie et le territoire », comte-rendu de communication à la journée d’études doctorales du laboratoire HisCAnt-MA (22 juin 2022), publié en ligne : https://mediantdoc.hypotheses.org/556
  • « An Evolving Relationship : the Grand Duchy of Lithuania and the Horde (1370s-1430s) », communication au sein du panel dirigé par Alexandr Osipian (professeur d’histoire de l’Ukraine à Frankfurt), à l’International Congress for Belarussian Studies (Berlin), 25-27 septembre 2025.
  • « Les frontières en Europe ‘orientale’ du XIIIe au XVe siècle. Présentation des principaux résultats de recherche », communication du 21 mai 2025, journée d’études du SAMA « Frontières abstraites, frontières concrètes ».
  • « Ladislas Jagellon : la ruse du païen », article faisant suite à une communication lors de la journée d’étude consacrée à la ruse, juin 2025, publication prévue.
  • « La construction d’une mémoire visuelle polonaise dans quelques films historiques », colloque « Faire corps avec le passé » à Autun, 4-5 décembre 2025.
  • L’Église et les peuples aux marges de la chrétienté au Moyen Âge, émission de radio pour l’association Histoire d’en Parler, RCF Lorraine-Nancy, 02 août 2023 : https://www.youtube.com/watch?v=EOERuaoqN_o
  • « L’Eglise et les identités polonaises », publié sur le site Regard sur l’Est le 31/10/2022, https://regard-est.com/leglise-et-les-identites-polonaises
  • « Pologne : de l’invention de la tolérance à l’interdiction de l’avortement », publié sur le site Regard sur l’Est le 22/03/2021 : https://regard-est.com/pologne-de-linvention-de-la-tolerance-a-linterdiction-de-lavortement
  • « Aux racines d’une modernité polonaise », publication à venir sur le site Regard sur l’Est.
  • Compte-rendu : « Jérôme Baschet, Quand commence le capitalisme », publié dans La Décroissance, n°212, septembre 2024, p. 14.
  • Conférence donnée à Nangis : « Brie et Champagne dans la Guerre de Cent Ans », le 18/09/2025.

 

Colloque : Élites, violences et imaginaires médiévaux. Autour de l’œuvre de Martin Aurell

Colloque international organisé par Clément de Vasselot De Régné (Institut catholique de Rennes) et Maïté Billoré (Univ- Jean Moulin – Lyon III)

5 et 6 février 2026

À l’Institut catholique de Rennes (Campus de Ker Lann, Amphithéâtre Sylvie de la Foye) et en visioconférence

Jeudi 5 février

9h30 – Introduction

Jaume Aurell (Univ. De Navarra) : L’historien des monographies

10h15 – Pause

10h30 – Session 1 : Pouvoirs, lignages et stratégies sociales

Président de session : Thomas Deswarte

Stéphane Boissellier (Univ. De Poitiers) : Martin Aurell et les sociétés médiévales

Cédric Jeanneau (Univ. de Bretagne occidentale) : Lignage et stratégies matrimoniales en Poitou, Xe-XIIIe siècle

Gilles Lecuppre (Univ. Catholique de Louvain) : Les tensions entre les princes et leurs successeurs dans les Pays-Bas (XIIIe -XVe s.).

Discussion

14h30 – Session 2 : Guerre, croisades et mise en récits

Président de session : Laurent Vissière

Michel Fauquier (ICES/CESCM) : Le sort des ‘combattants furibonds et meurtriers’ dans les sources mérovingiennes

Thomas Deswarte (Univ. d’Angers) : Une société organisée pour la guerre ? La guerre et ses stratégies d’écriture dans la documentation diplomatique léonaise vers l’an mille.

Discussion

16h – Pause

Sylvain Gougenheim (ENS de Lyon) : Une conversion édifiante ? Le comte Bernard II de Lippe, guerrier, abbé, évêque missionnaire, père d’évêque et d’archevêque (ca. 1140-1224).

Gregory E.M. Lippiatt (Univ. of Exeter) : Pour critiquer la canso : la continuation de la Chanson de la croisade albigeoise comme une source historique.

Discussion

 

Vendredi 6 février

9h – Session 3 : Chevalerie et culture des élites

Président de session Laurent Macé

Josep Masnou Pratdesaba (Univ. de Barcelone) : Les chanoines de la cathédrale de Vic (Catalogne) et la chevalerie au XVe siècle.

Laurent Vissière (Univ. d’Angers) : Guerrières et chevaleresses. Entre réalité et fantasmes.

Paola Corti (Univ. Adolfo Ibáñez) : Sur les traces du Chevalier au Cygne : la lignée de Clèves comme groupe-mémoire à la fin du Moyen Âge.

Discussion

11h – pause

11h15 – Session 4 : Pratiques élitaires et culture de cour

Président de session : Gilles Lecuppre

Emmanuelle Santinelli (Univ. Polytechnique des Hauts-de-France) : Aliénor d’Aquitaine, Louis VII et Henri II Plantagenêt : les pratiques élitaires en matière de conjugalité eu xve siècle.

Charles Viaut (Univ. Bretagne sud) : Des salsamenta pictavensium aux sauces poitevines : identité, altérité et acculturation culinaire (XIIe-XIVe siècle).

Discussion

13h45 – Session 5 : La force de l’épée et de l’imaginaire

Président de session : Michel Fauquier

Lucie Malbos (Univ. de Poitiers) : Dáinsleif, Gram, Mistiltein : le prestige de l’épée dans les mondes nordiques.

Laurent Macé (Univ. Toulouse Jean Jaurès) : ‘Seigneur, viens à mon secours’. De l’épée sur les sceaux des comtes de Comminges (début du XIIIe siècle).

Justine Breton (Univ. de Lorraine) : Au-delà de l’Excalibur : la force de l’imaginaire de l’épée.

Discussion

15h45 – pause

16h – Conclusions

Maïté Billoré (Univ- Jean Moulin – Lyon III)

 

Maxime KREMER

Mastérant en Histoire médiévale, médiévalisme, humanités numériques et informatique

En cours : Master d’Histoire au sein du parcours Mondes Médiévaux, Sorbonne Université, Paris

  • M2 : Peoples and Places of Early Medieval Scotland in Medievalist Video Games (en cours) – mémoire mêlant Médiévalisme du haut Moyen Âge, Humanités Numériques et études vidéoludiques sous la direction du Pr. Bruno Dumézil.
  • M1 : Le jeu vidéo en tant que système d’information géographique. Représentations de l’espace politique carolingien dans les Crusader Kings (18/20).

Colloque : Représentation scientifique, politique et imaginaire : pourquoi les châteaux rhénans fascinent-ils autant ?

 


16, 17 et 18 octobre 2025 à l’Hôtel d’Alsace de Strasbourg

À la croisée des frontières entre la France, la Suisse et l’Allemagne, ces monuments suscitent depuis des siècles un imaginaire riche, nourri par l’histoire, l’art, la politique et la recherche scientifique.

 

 

La Collectivité européenne d’Alsace organise du 16 au 18 octobre, un colloque scientifique, à l’Hôtel d’Alsace de Strasbourg, en partenariat avec la Generaldirektion Kulturelles Erbe et l’université de Mayence, ainsi que de nombreux partenaires transfrontaliers du Rhin Supérieur. Chercheurs, historiens, acteurs du patrimoine et professionnels de la culture exploreront la représentation des châteaux rhénans sous différents angles :
– scientifique
– artistique
– social et politique

Un rendez-vous unique pour comprendre comment ces forteresses, au-delà de leurs pierres, continuent d’incarner des symboles identitaires et culturels puissants dans le Rhin supérieur.

Un événement à ne pas manquer pour toutes celles et ceux qui s’intéressent au patrimoine, à l’histoire transfrontalière et à la valorisation culturelle de nos territoires. Ce colloque accessible aux amateurs et aux scientifiques sera uniquement sur inscription préalable ici :

https://www.chateaux-rhenans.eu/formulaire-dinscription-au-colloque

Informations pratiques et programme :

Parution : France Fictions – Histoire des idées reçues de l’histoire de France

Date de parution : 25 septembre 2025

” Dans le brouillard que lèvent les manipulations du passé se perdent bien des libertés. Et d’abord notre capacité à les exercer lucidement. ”



” La France née du baptême de Clovis ” ; ” Napoléon, ce tyran ” ; ” Les soldats de 1914 partis “la fleur au fusil’ ” ; ” L’extrême droite fut seule à collaborer ” ; ” La gauche s’est opposée au vote des femmes ” ; ” La colonisation a largement profité aux colonisés “, etc. Autant d’idées reçues tenaces qui, berçant notre vision du passé, endorment nos vigilances. Que nous disent les mythes dont l’histoire de France est chargée ? Au service de quels intérêts ont-ils été forgés ?

France Fictions désosse vingt-six exemples concrets d’instrumentalisation du passé, du Moyen Âge à nos jours : vingt-six récits pour certains mythifiés, tous adossés à une part de réel, dont il est possible de retracer les origines.

Vingt-cinq historiennes et historiens de renom offrent ici un panorama clair et documenté des réécritures de l’histoire de France, exposant les outils des faussaires du passé, d’hier comme d’aujourd’hui, pour mieux leur résister. Un livre accessible, à l’ambition civique : restituer des pans du passé national dans toute leur complexité et rappeler qu’une démocratie vivante ne peut se construire sur des illusions commodes.

Sous la direction de Yann Bouvier. Avec les contributions de Justine Audebrand, Marie-Hélène Baylac, Nicolas Beaupré, Pierre-Yves Beaurepaire, Florian Besson, William Blanc, Yannick Bosc, Anne-Sarah Bouglé-Moalic, Yann Bouvier, Jean-Numa Ducange, Bruno Dumézil, Annie Duprat, Jérémie Foa, Christophe Furon, Juliette Glikman, Jérémy Guedj, Anthony Guyon, Laurent Joly, Vincent Joly, Sandrine Lemaire, Géraud Létang, Mathieu Marly, Françoise Thébaud, Denise Turrel et Charles-Éloi Vial.


SOMMAIRE

Prologue – L’histoire au seuil, Yann Bouvier

Partie I • Mythes fondateurs
Nos ancêtres les Gaulois – Yann Bouvier
Le baptême de Clovis a fait naître la France – Bruno Dumézil
Les Mérovingiens : bande de fainéants ! – Justine Audebrand
Et Charles Martel stoppa l’invasion arabe à Poitiers – William Blanc
La nation française est née pendant la guerre de Cent Ans – Christophe Furon

Partie II • Légendes noires
Un si sombre Moyen Âge – Florian Besson
Catherine de Médicis, la Veuve rouge – Jérémie Foa
C’est la faute à Marie-Antoinette – Annie Duprat
Robespierre, dictateur sanguinaire – Yannick Bosc
Napoléon, ce tyran – Charles-Éloi Vial

Partie III • Légendes dorées
Le bon roi Henri (IV) – Yann Bouvier
Napoléon III, empereur socialiste – Juliette Glikman
La France n’est pas (du tout) responsable du déclenchement de la Première Guerre mondiale – Mathieu Marly
Pétain a sauvé les Juifs français – Jérémy Guedj
” L’Afrique noire française “, une décolonisation pacifique – Sandrine Lemaire

Partie IV • Faire peuple
Les femmes n’ont pas fait l’histoire de France – Françoise Thébaud
1789, une révolution du peuple – Jean-Numa Ducange
Bleu, blanc, rouge : les Parisiens ” encadrent ” le roi – Denise Turrel
En 1914, les soldats sont partis la ” fleur au fusil ” – Nicolas Beaupré
En 1940, les soldats français ne se sont pas battus – Géraud Létang
La Résistance, c’était la métropole – Anthony Guyon

Partie V • Fractures ouvertes
C’est la faute des francs-maçons – Pierre-Yves Beaurepaire
Communards… comme communistes – Marie-Hélène Baylac
La gauche s’est opposée au vote des femmes – Anne-Sarah Bouglé-Moalic.
La collaboration n’était que l’affaire de l’extrême droite – Laurent Joly
La colonisation a d’abord profité aux colonisés – Vincent Joly

De (auteur) : Yann Bouvier, Collectif, Anthony Guyon, Bruno Dumézil, Justine Audebrand, William Blanc, Florian Besson, Christophe Furon, Jérémie Foa, Pierre-Yves Beaurepaire, Jean-Numa Ducange, Annie Duprat, Yannick Bosc, Charles-Éloi Vial, Denise Turrel, Marie-Hélène Baylac, Françoise Thebaud, Anne-Sarah Bougle-Moalic, Juliette Glikman, Nicolas Beaupré, Mathieu Marly, Jérémy Guedj, Laurent Joly, Vincent Joly, Sandrine Lemaire, Géraud Létang
Directeur éditorial : Yann Bouvier
Coordination éditoriale de : Editions Perrin

 

 

Appel à communications : Comment on écrit l’histoire fictive. Historiographies en fictions / How to write fictional history. Historiographies in imaginative fiction

L’association les Têtes Imaginaires lance un nouvel appel à communications pour une journée d’étude qui se tiendra les 20 et 21 février 2026, en format hybride, à Paris et en ligne.

(English version below)

L’histoire est une source d’inspiration pour la littérature de l’imaginaire : les périodes historiques, particulièrement antique et médiévale, constituent un creuset de références où puisent les auteurs de science-fiction et de fantasy, d’Asimov à Tolkien, comme l’ont montré de récents travaux sur la réception classique (Bost-Fiévet et Provini 2014) et le médiévalisme (Ferré 2010). Plus récemment encore, les actes d’un récent colloque (Besson 2019) ont montré la part d’imitation de l’histoire, lorsque documents, sources et légendes fictives peuplent l’œuvre et son passé imaginaire.

La rencontre organisée par les Têtes Imaginaires vise à poursuivre cette réflexion sur les liens entre histoire et littérature de l’imaginaire, en repartant de l’histoire en tant que pratique d’élaboration d’un récit historique. Une dimension caractéristique de ces mondes imaginaires est que leur passé est structuré, par exemple en chronologies millénaires, et c’est sur la forme de ces Histoires, plutôt que sur leur contenu, que portera la rencontre. Trois gestes historiens en particulier attirent l’attention : l’enquête des sources historiques, le découpage chronologique du passé et le sens historique donné à sa progression. Le croisement de ces caractéristiques permettra d’étudier « comment on écrit l’histoire », pour reprendre la formule de Paul Veyne (1971), mais dans la littérature de l’imaginaire.

La démarche vise à faire dialoguer étroitement histoire et littérature en invitant particulièrement à identifier les représentations et modèles à l’origine des historiographies littéraires. Il s’agit donc d’associer ces « historiographies internes », littéraires et fictives, à la culture de l’écriture historique qu’ont ces auteurs, laquelle est parfois transmise par d’autres auteurs de l’imaginaire. On s’intéressera donc aux perceptions de l’histoire en tant que pratique, sans chercher à statuer sur une éventuelle fidélité à l’égard de méthodologies historiques plurielles par nature. La fantasy et la science-fiction se présentent comme un terrain privilégié ; l’uchronie, qui présente un passé identique au nôtre jusqu’au point de divergence, peut aussi faire l’objet de nouvelles enquêtes (Henriet 2004).

Le premier geste historien concerne l’enquête historique, les documents, récits, archives, mentionnés dans l’œuvre en tant que sources fictives de l’histoire. Bon nombre de travaux dus à des littéraires et à des historiens ont mis en lumière le thème de ces documents fictifs, essentiel dans le travail de l’historien (voir par exemple, à propos de Dune, Rossignol 2005). Les rôles de cette documentation sont pluriels, entre marqueur de rationalité (Besson 2002), mise en abyme du récit dans le cas du Livre Rouge du Seigneur des Anneaux (Pantin 2009, Ferré 2014), voire réflexion sur l’histoire (Budin 2019). Les variations de ces rôles peuvent être étudiés dans une démarche comparatiste. Il s’agit aussi de replacer les représentations de l’enquête historique dans le contexte de l’auteur et de sa culture (Pantin 2019).

Le deuxième geste met en cohérence le passé sous la forme de chronologies, de périodes, de dates charnières : il lui donne une forme cohérente. Cette périodisation du temps fictif reprend parfois les grandes périodes traditionnelles, par le nom ou le principe (Antiquité, Moyen Âge, etc.). Tolkien utilise ainsi l’idée d’Antiquité à plusieurs reprises dans son continuum historique, en tant qu’idée d’une époque idéale et révolue : la période met en profondeur le passé (Maillard 2024). Les modèles et formes de ces découpages restent cependant largement à explorer. Les travaux récents d’historiens, qu’il s’agisse de Jacques Le Goff, de Dominique Kalifa sur les noms des périodes (Kalifa 2020) ou de Maria Teresa Schettino et de Sylvie Pittia (2024) sur la notion de date-clef, fournissent des éléments de relecture des œuvres de l’imaginaire.

Le troisième geste est celui du sens de cette histoire. Quelle logique profonde anime la causalité historique de cet ensemble documentaire et chronologique ? Quelles « lois de l’histoire », comme elles sont appelées par Veyne (1971, p. 221), entre déterminisme et grands hommes, trouve-t-on à l’œuvre comme moteurs de l’histoire et de la causalité ? Quelle forme, linéaire ou cyclique (Bergue 2019), se trouve donnée au temps ? À nouveau, on pourra se demander si la source de ces conceptions est liée à un contexte historique ou à un courant philosophique : un homme comme Asimov aurait ainsi été influencé par le contexte de la « crise » avant de reporter ce motif dans son œuvre (Käkelä 2014). On se rappellera que l’œuvre, futuriste ou non, porte les « peurs et espoirs du temps présent » (Besson 2021).

La rencontre se déroulera en format hybride, les vendredi 20 et samedi 21 février 2026, dans les locaux de l’Institut National d’Histoire de l’Art, 2, rue Vivienne, 75002 Paris.Il sera possible de participer à l’événement à distance. Les contributions portant exclusivement sur la Fantasy seront publiées dans le volume 20 de la revue Fantasy Art and Studies. Les contributions portant sur la science-fiction feront l’objet d’une publication séparée.

Les propositions de communication sont attendues dans un format .doc ou .docx de 2000 signes, en français ou en anglais. Elles présenteront clairement une question de recherche, un cadre théorique et méthodologique ainsi que les principaux axes d’analyse envisagés. Elles seront accompagnées d’une courte présentation biobibliographique. Les propositions de jeunes chercheurs et chercheuses sont les bienvenues.

Les propositions sont à adresser conjointement à fantasyartandstudies@outlook.com et dimitri.maillard@gmail.com pour le 21 octobre 2025 au plus tard.

Elles pourront s’inscrire dans les axes décrits ci-dessous : les propositions multipliant les liens entre les axes sont valorisées, tout comme celles qui adopteront une démarche comparatiste, et articulant histoire et littérature.

  1. Les sources et leur transmission : l’enquête
    • La matérialité des sources et des archives, conservation, transmission, consultation
    • Les témoins, l’oralité et l’écriture
    • Les historiens et leur enquête
  2. Rationaliser ou ne pas rationaliser
    • Les formes du récit historique
    • Rythme du passage du temps, calendrier, chronologie, datation
    • Périodes et noms de périodes
  3. Le sens de l’histoire
    • Conception du temps cyclique, linéaire
    • Philosophies de l’histoire
  4. Des historiographies datées
    • Culture historique et historiographique des auteurs 
    • Évolution de cette représentation dans l’œuvre des auteurs

The association les Têtes Imaginaires is launching a new call for papers for a symposium to be held on 20 and 21 February 2026, in a hybrid format, in Paris and online.

Find the details of the CfP below.

History is a source of inspiration for imaginative literature: historical periods, particularly ancient and medieval times, are a melting pot of references drawn upon by science fiction and fantasy authors, from Asimov to Tolkien, as recent studies on classical reception (Bost-Fiévet and Provini 2014) and medievalism (Ferré 2010) have demonstrated. More recently, the proceedings of a recent symposium (Besson 2019) have shown the extent to which history is imitated when documents, sources and fictional legends populate a work and its imaginary past.

The conference organised by les Têtes Imaginaires aims to continue this exploration of the links between history and fantasy literature, starting from history as the practice of constructing a historical narrative. A characteristic feature of these imaginary worlds is that their past is structured, for example in millennial chronologies, and it is the form of these histories, rather than their content, that will be the focus of the meeting. Three historical approaches in particular attract attention: the investigation of historical sources, the chronological division of the past, and the historical meaning given to its progression. The intersection of these characteristics will allow us to study “how history is written”, to borrow Paul Veyne’s (1971) phrase, but in the realm of imaginative literature.

The approach aims to establish a close dialogue between history and literature, with a particular focus on identifying the representations and models that underpin literary historiographies. The aim is therefore to link these “internal historiographies”, both literary and fictional, to the authors’ culture of historical writing, which is sometimes transmitted by other authors of imaginative fiction. We will therefore focus on perceptions of history as a practice, without seeking to judge any fidelity to historical methodologies that are pluralistic in nature. Fantasy and science fiction are ideal fields for this; uchronia, which presents a past identical to our own until the point of divergence, may also be the subject of further investigation (Henriet 2004).

The first historical gesture concerns historical research, documents, accounts and archives mentioned in the work as fictional sources of history. Many works by literary scholars and historians have highlighted the theme of these fictional documents, which are essential to the work of the historian (see, for example, Rossignol 2005 on Dune). These documents play multiple roles, ranging from markers of rationality (Besson 2002) to mise en abyme of the narrative in the case of The Red Book of the Lord of the Rings (Pantin 2009, Ferré 2014), and even reflections on history (Budin 2019). The variations in these roles can be studied using a comparative approach. It is also a question of placing representations of historical inquiry in the context of the author and their culture (Pantin 2019).

The second gesture brings coherence to the past in the form of chronologies, periods and key dates: it gives it a coherent form. This periodisation of fictional time sometimes echoes the major traditional periods, either in name or in principle (Antiquity, Middle Ages, etc.). Tolkien thus uses the idea of Antiquity several times in his historical continuum, as the idea of an ideal and bygone era: the period gives depth to the past (Maillard 2024). However, the models and forms of these divisions remain largely unexplored. Recent work by historians, such as Jacques Le Goff and Dominique Kalifa on the names of periods (Kalifa 2020) or Maria Teresa Schettino and Sylvie Pittia (2024) on the notion of key dates, provides elements for reinterpreting works of fiction.

The third gesture concerns the meaning of this history. What profound logic drives the historical causality of this documentary and chronological collection? What ‘laws of history’, as Veyne (1971, p. 221) calls them, between determinism and great men, are at work as drivers of history and causality? What form, linear or cyclical (Bergue 2019), is given to time? Once again, we may wonder whether the source of these conceptions is linked to a historical context or a philosophical current: a man like Asimov would thus have been influenced by the context of the “crisis” before transferring this motif into his work (Käkelä 2014). It should be remembered that the work, whether futuristic or not, reflects the “fears and hopes of the present time” (Besson 2021).

The meeting will take place in a hybrid format on Friday 20 and Saturday 21 February 2026 at the Institut National d’Histoire de l’Art, 2, rue Vivienne, 75002 Paris. It will be possible to take part in the event remotely. Contributions focusing exclusively on Fantasy will be published in volume 20 of the journal Fantasy Art and Studies. Contributions focusing on science fiction will be published separately.

Proposals for papers should be submitted in .doc or .docx format, with a maximum length of 2,000 characters, in French or English. They should clearly present a research question, a theoretical and methodological framework, and the main lines of analysis envisaged. They should be accompanied by a short bio-bibliographical presentation. Proposals from young researchers are welcome.

Proposals should be sent jointly to fantasyartandstudies@outlook.com and dimitri.maillard@gmail.com by 21 October 2025 at the latest.

They may fall within the areas described below: proposals that combine several areas will be valued, as will those that adopt a comparative approach and link history and literature.

  1. Sources and their transmission: research
    • The materiality of sources and archives, conservation, transmission, consultation
    • Witnesses, oral tradition and writing
    • Historians and their research
  2. To rationalise or not to rationalise
    • Forms of historical narrative
    • The passage of time, calendar, chronology, datation
    • Periods and names of periods
  3. The meaning of history
    • Cyclical and linear conceptions of time
    • Philosophies of history
  4. Dated historiographies
    • The historical and historiographical culture of authors
    • The evolution of this representation in the works of authors

Comité scientifique / Scientific board

  • Anne Besson, Professeur en littérature comparée, Université d’Artois
  • Viviane Bergue, docteure en littérature comparée (Université de Toulouse 2)
  • Maxime Émion, Maître de conférences en histoire ancienne à l’Université Savoie Mont Blanc
  • Dimitri Maillard, docteur en histoire ancienne (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • Laura Martin-Gomez, Maître de conférences en anglais à l’Université de Toulouse
  • Isabelle Pantin, Professeur émérite en littérature de la Renaissance, École Normale Supérieure, Paris
  • Sandra Provini, Professeur de littérature française du XVIe siècle, Université de Rouen-Normandie

Bibliographie / Bibliography

M. Attali, « Du mythe à la Fantasy. Enjeux historiographiques de la réécriture contemporaine de l’Énéide dans Lavinia d’Ursula L. Leguin (2008) », A. Besson (dir.), 2019, p. 75-100.

V. Bergue « Primhistoire, temporalité cyclique et chronologie linéaire : le temps de la Fantasy », A. Besson (dir.), 2019, p. 53-74.

A. Besson, D’Asimov à Tolkien, Cycles et Séries dans la littérature de genre, Paris, CNRS Éditions, 2004.

A. Besson, « La Terre du Milieu et les royaumes voisins : de l’influence de Tolkien sur les cycles de Fantasy contemporains », V. Ferré (dir.), Tolkien, trente ans après (1973-2003), Paris, Christian Bourgois, 2004, p. 357-379.

A. Besson (dir.), Fantasy et Histoire(s), Colloque des Imaginales, Chambéry, ActuSF, 2019.

A. Besson, Les Pouvoirs de l’Enchantement, Paris, Vendémiaire, 2022.

Fl. Besson, « Sortir des Moyen Âge imaginaires : le rythme historique de la Fantasy médiévaliste », A. Besson (dir)., 2019, p. 171-193.

M. Bost-Fiévet, S. Provini (dir.), L’Antiquité dans l’imaginaire contemporain, Paris, Classiques Garnier, 2014.

N. Budin, « Les fées historiques, entre histoire et fiction », A. Besson (dir.), 2019, p. 121-140.

Hugues Chabot, « L’Image du chercheur et de la recherche scientifique dans la science-fiction de l’Âge d’Or. Une Histoire des sciences en trois temps : rupture, contraction, évolution », Cycnos, 2006-10-13.

V. Ferré (dir.), Médiévalisme. Modernité du Moyen Âge, Paris, L’Harmattan, 2010.

V. Ferré, Lire J. R. R. Tolkien, Paris, Pocket, 2014.

Fr. Hartog, Régimes d’historicité, présentisme et expérience du temps, Paris, Seuil, 2003.

E. B. Henriet, L’Histoire revisitée. Panorama de l’uchronie sous toutes ses formes, Paris, Les Belles Lettres, 2004, p. 65-70.

J. M. J.  Käkelä, « Asimov’s Foundation Trilogy: From the Fall of Rome to the Rise of Cowboy Heroes ». Extrapolation, 49(3), (2008), p. 432-449

J. M. J.  Käkelä, « Managing and Manipulating History : Perpetual Urgency in Asimov and Heinlein », Fafnir: Nordic Journal of Science Fiction and Fantasy Research, 1, 2, 2014, p. 7-22.

D. Kalifa (dir.), Les Noms d’époque. De « Restauration » à « années de plomb », Paris, Gallimard, 2020.

D. Maillard (dir.), Tolkien et l’Antiquité, Passé et Antiquités en Terre du Milieu, Paris, Classiques Garnier, 2024.

I. Pantin, Tolkien et ses légendes. Une expérience en fiction, Paris, CNRS Éditions, 2009.

I. Pantin « L’histoire au miroir de la légende dans l’œuvre de Tolkien », A. Besson (dir.), 2019, p. 101-120

I. Pantin, S. Provini, Tolkien et la mémoire de l’Antiquité, Paris, Les Belles Lettres, 2025.

B. Rossignol, « Figures de l’historien dans le cycle de Dune de Frank Herbert », Cycnos, 2005, 22, 2, p. 67-83.

M. T. Schettino, S. Pittia (org.), Dates-clés des Grecs, dates-clés des Romains : une périodisation commune ?, colloque organisé à Strasbourg les 25, 26, 27 septembre 2024.

P. Veyne, Comment on écrit l’histoire, Paris, Seuil, 1971.

Jean-Louis Trudel, « La science-fiction et l’appropriation des révolutions scientifiques », Sciences & fictions, 2008-05.

H. Williams (dir.), Tolkien and the Classical World, Walking Tree Publishers, 2021.

Colloque : Faire corps avec le passé

Le colloque interdisciplinaire “Faire corps avec le passé : exposer l’histoire par les pratiques corporelles“, organisé par Orlane Messey, Justine Breton et Audrey Tuaillon Demésy dans le cadre de l’ANR Aiôn, se déroulera à Autun (L’Hexagone, 2 boulevard Frédéric Latouche, 71400 Autun) les 4-5 décembre 2025.

Programme

Jeudi 4 décembre
9h30. Accueil des participants
10h : introduction
– mot du maire de la ville d’Autun
– mots de bienvenue et introduction du colloque, Justine Breton, Orlane Messey et Audrey Tuaillon Demésy

Session 1. Exposer le corps : prestations scéniques et transmissions
10h30 : L’analyse de la représentation du corps traditionnel japonais dans le ballet de Béjart, Wakako Tanabe (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
11h : « Le cirque sera toujours le cirque » ? Le corps comme lieu du commun et comme espace historiographique, Magali Sizorn (Université Rouen-Normandie)
11h30 : Faire corps avec l’irrationnel : Witkacy et la scène comme lieu de convulsion esthétique, Charles Garatynski (Académie d’Orléans)
12h : déjeuner

Session 2. Armer le corps pour saisir l’Histoire
14h : Le corps en guerre : construire un protocole expérimental biomécanique pour comprendre le geste du combattant au XVIe siècle, Marine Haurillon (Université Grenoble Alpes)
14h30 : Croiser le fer : faisabilité ou falsifiabilité de l’imaginaire ? La pratique de l’escrime ancienne et la compréhension des images médiévales, Alexis Minault (Université de Poitiers)
15h : L’épée au corps : entre réification et personnification ? La lame et son « wielder » sur les couvertures de fantasy, Marie Kergoat (Université d’Artois)
15h30 : pause café

Session 3. Expérimenter le passé aujourd’hui
16h : Regards croisés sur la danse baroque et l’escrime historique : pourquoi expérimenter corporellement les gestes anciens à l’ère du numérique ?, Pierre-Henry Bas (Fédération de Recherche Sciences et Cultures du Visuel)
16h30 : Quand les poulets rôtis volent bas : corps, fiction et réception à Medieval Times, Jonathan Fruoco (Université Paris Nanterre)
17h : La « communauté sartoriale » : quand porter le costume permettrait de retrouver une masculinité historique (et authentique), Victor Faingnaert (Université de Lorraine)
17h30 : fin de la journée / pause
18h. Spectacle Héraklès, par la Cie Rebonds d’histoires

Vendredi 5 décembre
9h15. Accueil des participants
Session 4. L’Histoire « en corps », entre mémoire et identité
9h45 : La construction d’une représentation mémorielle polonaise dans quelques films historiques (décors, modes, corps), Sébastien Ginhoux (Université de Lorraine)
10h15 : Incorporer la mémoire d’une communauté punk. L’exemple du geste musical, Sacha Thiébaud (Université Marie et Louis Pasteur)
10h45 : « Toute écriture est tatouage ». Le corps comme palimpseste chez Abdelkébir Khatibi, Salma Rouyett (Université de Rabat)
11h15 : pause café

Session 5. Des corps sportifs au passé vécu aujourd’hui
11h30 : Mots et gestes de la violence dans le Calcio fiorentino du Quattrocento à nos jours, Francesco Bianco (Université Grenoble-Alpes/Université Palacký d’Olomouc) et Adrien Quéret-Podesta (Académie Polonaise des Sciences)
12h : La mémoire collective par le contact corporel entre l’entraîneur et l’entraîné : le cas de Michel Mathiot et ses gymnastes (1952-2024), Pauline Déodati (Université Marie et Louis Pasteur)
12h30 : Repenser le corps à travers la pratique des « nages sportives » : une lecture socio-affective du passé incorporé, Erwan Poquerusse (Institut des Sciences du Sport-Santé de Paris)
13h. Conclusion du colloque
13h15 : déjeuner

Comité scientifique
Martin Bostal, CRAHAM, Musée de la Tapisserie de Bayeux
Justine Breton, SAMA, Université de Lorraine
Laurent Di Filippo, CREM, Université de Lorraine
Mélie Fraysse, CRESCO, Université Toulouse III
Clémentine Hougue, 3.LAM, Le Mans Université
Orlane Messey, C3S, Université Marie et Louis Pasteur
Lucas Profillet, C3S, Université Marie et Louis Pasteur
Louie Putov, IRET, Université Sorbonne Nouvelle
Jérôme Soldani, SENS, Université Paul-Valéry Montpellier 3
Audrey Tuaillon Demésy, C3S, Université Marie et Louis Pasteur

Comité de pilotage
Justine Breton, SAMA, Université de Lorraine, Aiôn
Bruno Galice, Centre d’histoire vivante d’Autun
Orlane Messey, Université Marie et Louis Pasteur, Aiôn
Audrey Tuaillon Demésy, Université Marie et Louis Pasteur, Aiôn

Appel à communications : Faire corps avec le passé

Le colloque “Faire corps avec le passé : exposer l’Histoire par les pratiques corporelles“, organisé par Justine Breton, Audrey Tuaillon Demésy et Orlane Messey, aura lieu à Autun les 4 et 5 décembre 2025.

Date limite d’envoi des propositions : 15 juin 2025.

Dans la continuité des colloques déjà conduits à Autun qui ont mis l’accent sur les processus d’évasion au Moyen Âge (2021) ou l’usage du langage dans les réceptions contemporaines du passé (2023), il s’agit désormais de porter le regard du côté des rapports au corps (activités physiques, pratiques hygiénistes et de soin, etc.) qui permettent d’appréhender des époques révolues. Ce colloque fait partie du programme de recherche Aiôn (Socio-anthropologie de l’imaginaire du temps. Le cas des loisirs alternatifs), soutenu par le Centre d’histoire vivante et la ville d’Autun.

Durant ces journées, il s’agira de questionner les différentes manières de raconter, de donner à voir et d’expérimenter l’Histoire aujourd’hui, sous l’angle spécifique des pratiques corporelles. Pour ce faire, il est possible de s’intéresser aussi bien aux re-créations (reconstitutions martiales, artistiques ou artisanales, mais aussi réappropriations du passé dans les pratiques sportives ou activités physiques) qu’aux productions (trans)médiatiques (séries, romans, jeux, etc.) qui mettent en scène différentes époques de l’Histoire par le prisme spécifique des usages du corps.

 

Axe 1. Les usages du corps contemporain pour penser l’Histoire

La permanence du passé dans le présent questionne différents champs de recherche, de l’histoire à l’anthropologie, en passant par les études littéraires ou médiatiques. Qu’il s’agisse de saisir une mémoire longue (Zonabend, 1999), de comprendre la construction d’une mémoire collective (Halbwachs, 1950), ou encore d’appréhender la permanence d’un récit écrit sur plusieurs siècles (Cherewatuk et Whetter, 2009), les traces laissées par les époques précédentes (proches ou lointaines) perdurent tout en étant modifiées, réappropriées par les acteurs sociaux. La malléabilité du passé se donne particulièrement à voir dans les usages faits du (ou des) corps. En effet, que l’on s’intéresse aux pratiques ludiques ou festives qui mettent en scène le passé, à la vulnérabilité physique ou aux façonnages de techniques appartenant à une autre époque, le corps reste le support à partir duquel est envisagé, étudié, compris le passé. Pour le dire autrement, comment le passage du temps participe-t-il à instaurer des modèles corporels ou, au contraire, à modifier les imaginaires que l’on porte sur des corps du passé ?

L’évolution des techniques a progressivement façonné et normalisé les façons de nous tenir et de nous mouvoir (Rousseau, 2008). Pourtant, si le capitalisme se caractérise par sa propension à supprimer les particularismes, certaines pratiques tendent à s’éloigner de cette conception linéaire et globalisante, invitant ainsi à redécouvrir des sensibilités propres à une époque appartenant au passé. Dans ce sens, la reconstitution historique (Tuaillon Demésy, 2014) ou encore les danses communautaires régionales (Postic, Laurent et al., 2003), reposant sur la recréation de cultures corporelles révolues, invitent à éprouver différemment nos manières de se tenir ou nos « habitus physiques » (Boltanski, 1971, p. 209), inhérents à un espace-temps donné.

Les pratiques dites do it yourself visant à se réapproprier des techniques oubliées (Messey et Hougue, 2024) s’inscrivent dans cette continuité. Qu’il s’agisse de redécouvrir des savoir-faire anciens tels que certaines formes de broderie, la vannerie, ou encore de concevoir manuellement ses teintures textiles ou remèdes, le loisir apparaît comme un temps d’expérimentation de traditions perdues. Dans ce contexte, posture, dextérité manuelle et fabrication d’outils amènent à penser de nouveaux usages des corps et les imaginaires ‒ contemporains ‒ qui les entourent. Dans un registre similaire, peuvent être questionnées les re-créations musicales ou chorégraphiques, qu’il s’agisse de retrouver des sons oubliés, de jouer des partitions de siècles passés ou de faire des emprunts pour élaborer de nouvelles formes musicales. Nous pouvons par exemple citer le travail de la chorégraphe Milicent Hodson et de l’historien Kenneth Archer, qui s’affairent à redonner vie à d’anciennes compositions artistiques comme les Ballets suédois, créations avant-gardistes des années 1920 (Archer, Hodson et Klasmer, 2022).

Dans le champ du médiévalisme, des axes de recherche ont été proposés récemment afin d’interroger la continuité des corps et des individualités à travers les siècles, tout particulièrement en s’intéressant aux réappropriations du et par le corps féminin. Des performances artistiques ont pu voir le jour, comme celle de Lorraine O’Grady en 2021 qui revêt elle-même une armure retravaillée pour interroger la place du corps féminin et construire un médiévalisme intersectionnel et surtout réparateur (Edwards et Vernon, 2024). De même, des récits de soins ou de maternités et des gestes traditionnellement codés comme féminins, que ce soit dans l’œuvre de Jane Austen ou celle de Virginia Woolf (Vishnuvajjala, 2024), ont par exemple été étudiés comme autant de traits d’union entre les femmes du Moyen Âge et d’aujourd’hui, non à travers une supposée nature ou essence féminine, mais par le prisme d’une communauté au-delà des époques. À l’inverse, l’histoire ancienne, des bains de lait d’ânesse de Cléopâtre aux remèdes d’Hildegarde de Bingen, a également pu être instrumentalisée pour devenir un argument commercial, à travers la valorisation d’un supposé lien avec la nature dans le cadre de la vente de soins pour le corps et de produits de beauté (White-Le Goff, 2024).

D’autre part, pur produit de l’industrialisation des sociétés occidentales, résultat d’une rationalisation des pratiques, le sport constitue lui aussi un objet d’étude intéressant pour penser le corps et le passé. L’anthropologie a depuis longtemps posé son regard sur ces sports qui, à travers la survivance de rituels, perpétuent des imaginaires de la tradition résistant à la globalisation (Soldani, 2015). Les réappropriations locales de pratiques globalisées, tel le cricket aux îles Trobriand étudié dans les années 1970 par Leach (2002), donnent à lire non seulement les réactualisations sportives mais aussi, et surtout, les façons dont une culture répond aux dominations symboliques, ainsi que la créativité inhérente aux réappropriations sportives dans d’autres contextes culturels. Plus récemment, des pratiques comme le quidditch ou le roller derby invitent à questionner le « frisson carnavalesque » (Gauthard, 2024, p. 61) qui traverse le champ sportif. Comment ce rite transforme-t-il les imaginaires sportifs et comment le carnaval, lorsqu’il est conjugué au présent, accompagne-t-il le passage d’un corps performant et normalisé à un corps subversif ?

Enfin, dans le cadre des pratiques ludiques, le corps devient aussi une manière de vivre aujourd’hui une époque révolue. Que l’on pense aux diverses pratiques d’histoire vivante (reconstitutions historiques, Arts martiaux historiques, etc.) ou aux jeux de rôle grandeur nature (voire sur table, dont le rapport au corps gagnerait à être approfondi), le corps est le matériau à partir duquel est vécu et exposé le passé, que celui-ci soit perçu comme étant « réel » ou « inventé ». Peut-on identifier des différences d’usages du corps en fonction du passé représenté ou re-créé ?  Menée dans la forêt de Brocéliande, l’enquête menée par Mélie Fraysse et Odile Parsis-Barube montre bien la manière dont s’imbriquent pratiques psychocorporelles et mythes anciens. Ces dernières montrent en effet comment l’imaginaire arthurien est mobilisé afin de générer « un réservoir de sensations et de visions de monde qui légitiment et orientent [les] pratiques » (Fraysse et Parsis-Barube, 2022, p. 66), générant par ailleurs un marché particulièrement lucratif. Ces analyses peuvent être étendues à d’autres études de cas comme, par exemple, la sorcellerie contemporaine (Théval, 2024). Personnage autrefois repoussant, devenue ces dernières années une figure d’émancipation et de pouvoir féminin, la sorcière invite à penser la permanence du passé (ou ses imaginaires) et leurs effets sur les corps féminins.

 

Axe 2. La mise en scène du passé par les corps : entre productions fictionnelles et expérimentations

Le rapport au corps met en lumière l’évolution non seulement des pratiques, mais aussi des imaginaires liés à l’Histoire. Suivant une évolution des codes esthétiques propres à nos sociétés contemporaines, l’on a vu les corps des interprètes masculins de films ou de séries anciennes – antiquistes ou médiévalistes, tout particulièrement – se sculpter, s’étoffer et se muscler à partir de la fin du XXe siècle (Breton, 2023). Le parallèle permet aujourd’hui d’établir un contraste frappant entre des gladiateurs ou chevaliers des productions des années 1950 et leurs homologues des années 2020. De même, l’évolution des imaginaires historiques est flagrante dans les choix capillaires et de pilosité des personnages principaux, des coupes adoptées sur le principe de la frange romaine (Barthes, 1957), aux couleurs de cheveux privilégiées pour signifier l’héroïsme, la passivité ou la trahison (Breton, 2019), en passant par l’imaginaire associé à la barbe tressée et ornée des vikings. Ces problématiques ne semblent pas être abordées a priori de la même façon dans les productions à destination d’un jeune public, bien qu’il soit nécessaire d’interroger également plus en détail ce que le rapport au corps fait de l’Histoire lorsque l’on s’adresse aux enfants.

D’autre part, les productions fictionnelles qui exposent des fragments du passé, en particulier celles qui sont audiovisuelles, accordent une importance particulière à l’apparence vestimentaire. Comment « faire voir » ou « faire croire » à une période historique donnée par le prisme de l’habillement ? Il s’agit ici, plus largement, de questionner les effets de la matérialité sur les corps. Comment le fait de porter tel vêtement, telle tenue traditionnelle, tel accessoire (pour un film, une série, mais aussi dans le cadre de pratiques ludiques, théâtrales, voire sportives) modifie-t-il les manières de se mouvoir, d’occuper l’espace, d’interagir avec les autres ? Par exemple, si le Moyen Âge est une « période intrinsèquement théâtrale » (Putov, 2022, p. 44), comment ses mises en scène ou en jeu contemporaines convoquent-elles déjà le théâtre, dans une forme de mise en abyme ? La question des tatouages, bijoux et piercings, conçus comme des vecteurs de temporalités spécifiques, pourra également être abordée.

D’autre part, la mise en scène du passé par le corps est-elle nécessairement genrée ? Dans les fictions antiquistes et médiévalistes, en particulier dans le jeu vidéo et les bandes dessinées, les formes des armures tendent à mettre en avant une distinction nette des corps, des plastrons antiques arborant des abdominaux stylisés aux corsets à coques pour mettre en valeur la poitrine féminine, comme l’ont souligné en 2025 les participants au colloque « Immortel Péplum ». Les équipements martiaux suivent régulièrement cette valorisation des genres, plaçant l’esthétisation des corps au premier plan, devant la reconstitution historique ou même le caractère pratique – pensons au bikini en cotte de maille, ou désormais en plates, de l’héroïne Red Sonja, des comics au grand écran.

Il est également possible de s’interroger sur les expérimentations menées du passé et la place et les usages du corps qui en découlent. Qu’il s’agisse de porter une attention aux pratiques de loisirs qui tendent à re-créer le passé ou de discuter les propositions faites par l’archéologie expérimentale, l’enjeu est celui de la permanence ou des changements corporels au fil des siècles. En effet, il semble difficile, voire impossible dans le champ du jeu ou du loisir, de restituer fidèlement des techniques anciennes, ne serait-ce que parce que le corps contemporain n’a plus la même musculature qu’auparavant (Jaquet, 2017). Par ailleurs, ces expérimentations doivent également cohabiter avec des modifications esthétiques propres à notre société de l’image telles que l’épilation des sourcils ou la mode des tatouages, créant ainsi des corps hybrides, entre imaginaires du passé et injonctions contemporaines. Néanmoins l’analyse de chaînes opératoires est justement l’un des objectifs spécifiques de l’archéologie expérimentale. Dès lors, en suivant les propositions de certains chercheurs (Bostal, 2020), il serait possible de distinguer l’« expérienciation », qui relève de la dimension subjective et personnelle d’une expérience vécue (en costume, par exemple), de l’« expérimentation », validée par des hypothèses scientifiques. L’entrée dans l’Histoire pourrait-elle ainsi se réaliser à différents niveaux ou degrés ?

 

L’enjeu de cet appel est ainsi de comprendre comment le corps peut servir de support à la mise en vie / en scène / en images du passé, quelle que soit l’époque considérée. Comment l’Histoire est-elle façonnée, pétrie, modulée pour permettre l’expression de nouvelles activités ou pratiques physiques et corporelles ? Plus encore, il s’agira de saisir les usages artistiques, ludiques ou littéraires qui peuvent être faits du (ou des) corps pour donner à penser une époque révolue. À cet égard, plusieurs facettes du sujet pourront être envisagées, parmi lesquelles :

– la construction de l’imaginaire du corps à différentes époques, entre permanence et ruptures ;

– les représentations et mises en scène contemporaines du corps « passé » ;

– la transmission de l’histoire par le corps ou le sensible ;

– la réappropriation ou le détournement de pratiques physiques ou corporelles appartenant à une autre époque ;

– la redécouverte et la transmission de traditions par le corps ;

– les liens entre corps et genre à différentes époques ;

– etc.

           

Ce colloque se veut pluridisciplinaire. Les propositions pourront ainsi relever des domaines suivants, sans que cela ne soit exhaustif : sociologie, anthropologie, linguistique, histoire, archéologie, géographie, sciences de l’information et de la communication, sciences de gestion, études littéraires, études audiovisuelles, sciences et techniques des activités physiques et sportives, etc.

Les propositions de communication en format texte modifiable (.odt ou .doc, pas de .docx) de 2000 signes maximum, présenteront clairement une question de recherche, un cadre théorique et méthodologique ainsi que les principaux axes d’analyse envisagés. Elles seront accompagnées de 5 mots-clés et d’une courte présentation biographique, et seront adressées conjointement, pour le 15 juin 2025 au plus tard, à :

audrey.tuaillon-demesy [at] univ-fcomte.fr

justine.breton [at] univ-lorraine.fr

orlane.messey [at] univ-fcomte.fr

 

Le colloque se déroulera à Autun, les 4 et 5 décembre 2025. Il n’y a aura pas de frais d’inscription et, dans la mesure du possible, un hébergement pourra être pris en charge par l’organisation. 

Bibliographie indicative

Archer Kenneth, Hodson Millicent, Klasmer Shira, Dance detectives diary, KMSPress, London, 2022.

Barthes Roland, Mythologies, Paris, Le Seuil, 1957.

Boltanski Luc, « Les usages sociaux du corps », Annales, vol. 26, n° 1, pp. 205-233, 1971.

Bostal Martin, L’Histoire face à l’histoire vivante : expérimentation, médiation et représentations à travers la pratique de la reconstitution historique du Moyen Âge, Thèse de doctorat en histoire, histoire de l’art et archéologie, Université de Caen Normandie, 2020.

Breton Justine, Un Moyen Âge en clair-obscur. Le médiévalisme dans les séries télévisées, Tours, Presses universitaires François-Rabelais, 2023.

Breton Justine, Le Roi qui fut et qui sera. Représentations du pouvoir arthurien sur petit et grand écrans, Paris, Classiques Garnier, 2019.

Cherewatuk Karen et Whetter K.S. (dir.), The Arthurian Way of Death. The English Tradition, coll. Arthurian Studies, Martlesham, D.S. Brewer, 2009.

Edwards Suzanne M. et Vernon Matthew X. (dir.), Women’s Restorative Medievalisms. Forgotten Pasts and Unimagined Futures, coll. Arc Medievalist, Arc Humanities Press, 2024.

Fraysse Mélie et Parsis-Barubé Odile, « Des usages du médiévalisme en forêt de Brocéliande : topographie arthurienne et pratiques psychocorporelles », in Audrey Tuaillon Demésy et Justine Breton (dir.), S’évader au Moyen Âge, Autun, VIII éditions, pp. 65-75, 2022.

Gauthard Nathalie, « Carnaval », in Audrey Tuaillon Demésy et Clémentine Hougue, Dictionnaire dissident du temps, Paris, Riveneuve, pp. 61-64, 2024.

Halbwachs Maurice, La mémoire collective, Paris, PUF, 1950.

Jaquet Daniel, Combattre au Moyen Âge. Une histoire des arts martiaux en Occident, XIVe-XVIe, Paris, Arkhê, 2017.

Leach Jerry W., « Structure and Message in Trobriand cricket », Techniques & Culture, n° 39, en ligne, 2002 [1988].

Messey Orlane, Hougue Clémentine et al., « Créer, résister et faire soi-même : le DIY et ses imaginaires », ¿ Interrogations ?, n° 38, en ligne, 2024.

Postic Fanch, Laurent Donatien, Simon Jean-François, Veillard Jean-Yves (2003), « Reconnaissance d’une culture régionale : la Bretagne depuis la Révolution », Ethnologie française, vol. 33, n° 3, p. 381-389, 2003.

Putov Louise, « Le Moyen Âge rêvé de Nikolaj Evreinov : un outil pour penser l’évasion médiévaliste ? », in Audrey Tuaillon Demésy et Justine Breton (dir.), S’évader au Moyen Âge, Autun, VIII éditions, pp. 44-54, 2022.

Rousseau Max, « La ville comme machine à mobilité », Métropoles, vol. 3, 2009.

Soldani Jérôme, « Retour au jeu ? Réappropriation du volley-ball par les Bunun de Taïwan », Revue du MAUSS, vol. 46, n° 2, pp. 99-116, 2015.

Théval Zoé, « “Se dire sorcière : pratiques d’autodéfinition et de résistance, ¿ Interrogations ?, n° 38, en ligne, 2024.

Tuaillon Demésy Audrey, « L’histoire vivante médiévale. Pour une ethnographie du “passé contemporain” », Ethnologie française, vol. 44, n° 4, pp. 725-736, 2014.

Vishnuvajjala Usha, Feminist Medievalisms. Embodiment and Vulnerability in Literature and Film, coll. Arc Medievalist, Arc Humanities Press, 2024.

White-Le Goff Myriam, « Quand Hildegarde rime avec Mastercard », Belphégor, 22-2, 2024.

Zonabend Françoise, La mémoire longue, Paris, Jean-Michel Place, 1999.

 

Comité scientifique

Martin Bostal, CRAHAM, Musée de la Tapisserie de Bayeux

Justine Breton, SAMA, Université de Lorraine

Laurent Di Filippo, CREM, Université de Lorraine

Mélie Fraysse, CRESCO, Université Toulouse III

Clémentine Hougue, 3.LAM, Le Mans Université

Orlane Messey, C3S, Université Marie et Louis Pasteur

Lucas Profillet, C3S, Université Marie et Louis Pasteur

Louie Putov, IRET, Université Sorbonne Nouvelle

Jérôme Soldani, SENS, Université Paul-Valéry Montpellier 3

Audrey Tuaillon Demésy, C3S, Université Marie et Louis Pasteur

 

Comité d’organisation

Justine Breton, SAMA, Université de Lorraine

Bruno Galice, Centre d’histoire vivante d’Autun

Orlane Messey, Université Marie et Louis Pasteur

Audrey Tuaillon Demésy, Université Marie et Louis Pasteur

[1] https://aion-project.org

[2] https://chv-autun.fr

[3] https://www.autun.com

Recrutement post-doctorant : Projet PARES

L’Université de Zurich ouvre un poste de post-doctorant à 100 % sur 4 ans (du 1e mars 2025 au 28 février 2029), croisant histoire de la philologie romane et humanités numériques. Il s’agira pour la personne recrutée de travailler sur les archives de Gaston Paris, dans le cadre d’un projet lauréat de l’Appel à projets conjoint FNS/ANR « PARES : Gaston Paris, des archives aux réseaux » dirigé par Ursula Bähler (Université de Zurich) et Muriel Jorge (Université Paris Cité).

Retrouvez tous les détails de l’appel à candidatures ici.

Date limite de dépôt des candidatures : 15 janvier 2025.

Le projet
« PARES : Gaston Paris, des archives aux réseaux » est un projet binational entre la Suisse et la France fondé sur la coopération entre universités et institutions patrimoniales publiques. Il est financé par le FNS et l’ANR pour une durée de quatre ans et dirigé par Ursula Bähler (Université de Zurich  et Muriel Jorge (Université Paris Cité).
PARES entend donner une nouvelle impulsion à la recherche sur l’histoire de la philologie romane à partir des archives de G. Paris (1839-1903), figure majeure de l’établissement et de l’évolution de la discipline en France. Aujourd’hui dispersées dans des fonds isolés, peu exploitables et peu exploitées, il s’agit de réunir ces archives et de les rendre accessibles sur un portail numérique, de manière centralisée et en respectant les principes FAIR. Le portail comprend une base de données, élaborée en France, qui permet d’interroger l’ensemble des documents du corpus et de visualiser leurs relations sous différentes formes. Il inclut aussi des transcriptions et des éditions de documents, dont les aspects techniques sont réalisés en Suisse. Cette partie s’appuie sur le projet « Proto4DigEd : Prototyping Workflows for Digital Editions » financé par swissuniversities et dirigé par U. Bähler.
Le traitement numérique des archives de G. Paris permet de faire apparaître et d’interroger les dynamiques à l’œuvre dans la genèse et la circulation des savoirs et pratiques philologiques. Sur cette base, PARES se fixe deux objectifs répondant à des besoins de recherche majeurs. Le premier concerne l’enseignement de la philologie romane et la diffusion tant nationale qu’internationale des savoirs philologiques. Le deuxième consiste à étudier l’ancrage de la philologie romane dans le paysage littéraire de la seconde moitié du XIXe s. en France. L’exploration de la correspondance de G. Paris révèle l’important réseau d’écrivain·e·s, de critiques littéraires et de professeurs de lettres qu’il fréquentait. La confrontation des conceptions esthétiques de la littérature moderne qu’ils et elles partageaient, souvent éloignées de l’image de la littérature du XIXe s. aujourd’hui dominante, permettra de mieux cerner les enjeux spécifiquement littéraires de la philologie romane à l’époque.

Vos fonctions dans le projet
– Coordinateur·rice du projet (20%), activité de chercheur·se (80%).
– Chargé·e du volet « Le réseau littéraire de G. Paris », co-chargé·e, avec Ursula Bähler et
Muriel Jorge, du volet « Auditrices et créatrices : G. Paris et les femmes ».
– Établissement d’un dossier de qualification (habilitation) dans le domaine de la littérature
française du XIXe et/ou de l’histoire de la philologie romane avec un accent supplémentaire en humanités numériques.

 

Pour plus de détails : Prof. Dr. Ursula Bähler, ubaehler [at] rom.uzh.ch

 

Parution : Reconstitutions. Immersion dans une histoire vivante

Barry et Martin Bostal, Reconstitutions. Immersion dans une histoire vivante, Editions Ouest-France, 2024.

De la Préhistoire à la Seconde Guerre mondiale, cet ouvrage richement illustré et documenté propose une plongée inédite dans le monde de la reconstitution historique à travers l’objectif de Barry. Le Moyen Âge et ses représentations y occupent une place centrale.

Depuis 2021, Barry sillonne la France pour couvrir, appareil photo à la main, des évènements faisant revivre différents moments de notre histoire. De la guerre de Cent Ans au Débarquement de Normandie, de l’âge de Pierre à la conquête normande de l’Angleterre, les milliers de clichés qu’il a réalisés témoignent de la passion pour l’Histoire entretenue par les reconstituteurs et reconstitutrices, qui ont rarement vu leurs efforts aussi bien mis en valeur.
Martin Bostal est docteur en histoire et en archéologie médiévale. Il nous montre l’intéret de la reconstitution dans la compréhension de l’Histoire.
Leur objectif : représenter au plus près de la réalité la vie matérielle et quotidienne de diverses périodes du passé en y incarnant des personnages, réels ou fictifs. Ils se basent pour cela sur les éléments documentaires disponibles pour la période choisie : objets archéologiques, représentations iconographiques, témoignages textuels et, pour des temps plus proches de nous, documentation photographique.
Dans un camp de la légion romaine, à la cour d’un seigneur féodal, aux côtés des ‘poilus’ dans les tranchées de la Grande Guerre : le travail de Barry joue sur les codes de l’image ‘ historique ‘ au cinéma et rend diablement crédible ces différents passés recomposés, nous laissant juge de leur authenticité.
Au fil d’une chronologie qui retrace certaines étapes de notre histoire, cet ouvrage invite à découvrir la richesse de la pratique de la reconstitution, dans un voyage mêlant la qualité des restitutions proposées à une interrogation sur notre connaissance du passé.
Un voyage à travers l’Histoire : 17 chapitres couvrant la Préhistoire, le monde gaulois, la légion de l’Empire romain, les temps barbares, l’ère des vikings, l’Empire byzantin, la société de l’An mil, la Normandie aux temps de Guillaume le Conquérant, les chevaliers et seigneurs féodaux, la guerre de Cent Ans, la fin du Moyen âge, la Renaissance, la guerre de Quatre-Vingts ans, le Premier Empire, la bataille de Verdun, la drôle de guerre et la bataille de Normandie.

 

Détails et commandes sur le site de l’éditeur.