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Journée d’études : Pratiques médiévalistes dans les arts du livre et les arts décoratifs (1800-1950)

La journée d’études “Pratiques médiévalistes dans les arts du livre et les arts décoratifs (1800-1950)“, organisée par Lorenzo Carras-Pugibet et Laurent Launay à la Bibliothèque nationale de France (Paris, site François-Mitterrand, salle 70), aura lieu le 25 septembre 2026.

Inscription par mail à lauren.launay-ext [at] bnf.fr

 

La journée d’étude « Pratiques médiévalistes dans les arts décoratifs et les arts du livre (1800- 1950) », portée par la Bibliothèque nationale de France, s’inscrit dans un contexte fécond de manifestations et de publications scientifiques sur le thème du médiévalisme. Malgré un intérêt croissant pour ce phénomène, certains arts demeurent à la marge des études universitaires, notamment dans leur dimension créative, au-delà des pratiques des antiquaires et des érudits.

En 2017, le colloque organisé à l’Université Rennes-2, « Le XIXe siècle en lumière. Redécouverte et revalorisation de l’enluminure médiévale en France au temps du livre industriel », centrait la majorité de ses riches échanges sur des collections de manuscrits médiévaux constituées au XIXe siècle ; tandis que l’Institut national de l’Histoire de l’Art organisait en décembre 2025 trois jours de rencontres intitulées « Les arts du Moyen Âge et de la Renaissance du XIXe siècle. Réception, collectionnisme et ré-interprétations » — annonçant un programme qui laissait la part belle aux collectionneurs. Cet évènement entretenait toutefois des liens étroits avec l’exposition « Le Moyen Âge du XIXe siècle. Créations et faux dans les arts précieux » au Musée de Cluny, une exposition pensée comme une mise en regard, à travers la question du faux, des pratiques créatives et des pratiques de collectionnisme ; ainsi qu’avec l’exposition « Gothiques » au Louvre-Lens, dont les dernières salles étaient consacrées aux pratiques Médiévalistes du XIXe siècle à nos jours. Du 17 au 20 novembre 2026 se tiendra par ailleurs à la Sorbonne nouvelle un colloque international intitulé « Où (en) est le médiévalisme ? », invitant à franchir les frontières géographiques, chronologiques et disciplinaires (notamment entre Histoire de l’Art, Littérature comparée, études des Media), et à privilégier des synthèses théoriques, afin de brosser une historiographie globale du médiévalisme. En contre-point de ces rencontres, la Bibliothèque nationale de France propose une journée spécifiquement consacrée à des études de cas mettant en lumière des fonds inédits ou des collections méconnues. Six ans après la publication de l’ouvrage pionnier Revivals. L’historicisme dans les arts décoratifs français au XIXe siècle, cette journée sera l’occasion de valoriser des pratiques artistiques partiellement laissées de côté par les études universitaires.

Le livre ne sera pas abordé sous l’angle de la littérature, mais uniquement en tant qu’objet d’art, pour sa matérialité et ses techniques ; tandis que pièces de théâtre et opéras seront analysés à travers la matérialité des costumes et des décors. L’architecture néogothique bénéficie d’une solide littérature qui contraste avec le peu d’écrits dédiés aux éléments décoratifs qui habillaient l’intérieur des édifices. Ce n’est pourtant pas au hasard qu’Henri Beraldi imputait le renouveau des livres d’heures et des reliures d’orfèvrerie au succès des programmes décoratifs néogothiques promus par Viollet-le-Duc et ses élèves. La décoration d’intérieur et les objets du quotidien, tels que les livres, ont été traversés par le même renouveau d’intérêt pour l’héraldique — une forme d’art rétrospectif inscrivant son langage symbolique aussi bien dans la pierre que dans le vélin, le papier ou le tissu. La journée d’étude portera son attention sur ces diverses démarches ornementales, en se focalisant résolument sur la création et les réinventions. Au croisement entre culture matérielle et culture visuelle, cette manifestation scientifique fera connaître des fonds de la BnF récemment valorisés, et accompagnera l’exposition « Reliures et ouvrages illustrés néo-médiévaux de la Réserve des livres rares », qui se tiendra en salle Van Praet.

 

Programme

25 septembre 2026

9h00 — Accueil des participants

9h15 — Introduction. Lauren Launay et Lorenzo Carras-Pugibet

Première session « Médiévalisme et historicisme dans les arts du livre. Reliures rétrospectives et renouveau de l’enluminure »

Médiatrice : Marie Jacob-Yapi — Maîtresse de conférences en Histoire de l’Art médiéval, Université Rennes 2

9h30 Le livre à enluminer. Création médiévaliste du XIXe siècle entre ouvrage imprimé et manuscrit à peintures. Lorenzo Carras-Pugibet — Doctorant et chargé d’enseignement, Université Toulouse-Jean Jaurès ; Chercheur associé, BnF

10h15 L’atelier Saint-Luc des sœurs de Maredret (1893–1940) : un exemple de « long néogothique » en Belgique. Dominique Vanwijnsberghe — Historien de l’art, responsable de l’axe « Recherches en histoire de l’art et inventaire », Institut royal du Patrimoine artistique, Bruxelles

11h00 — Pause (pour le public, moment de s’inscrire à la visite de l’exposition)

11h15 La reliure historiciste française. Formes et manières. Fabienne Le Bars — Archiviste-paléographe ; Conservatrice et adjointe du directeur de la Réserve des livres rares, BnF

12h00 Reliures sculptées du XIXe siècle, entre l’histoire du livre et celle des objets

d’art Sophie Derrot — Historienne de l’art, conservatrice et directrice adjointe du département de la Bibliothèque et de la documentation, INHA

12h45–13h45 — Pause déjeuner

13h45–14h30 — Visite commentée de l’exposition « Reliures et ouvrages illustrés néo-

médiévaux de la Réserve des livres rares » — par Lorenzo Carras-Pugibet (inscription obligatoire lors de la pause ; si jauge pleine, s’inscrire à la visite de 18h)

 

Seconde session « Renouveau héraldique, arts décoratifs et costumes de scène : entre vie quotidienne & fictions médiévalistes »

Médiatrice : Anne Ritz-Guilbert — Enseignante-chercheuse HDR en Histoire de l’art, École du

Louvre ; Chercheuse associée à l’IRHT-CNRS

14h45 Restaurations et créations néo-héraldiques au XIXe siècle : pratiques des architectes-restaurateurs et constructions nationales. Sarah Héquette — Doctorante, EPHE ; Élève de 3e cycle, École du Louvre ; ATER, Université de Tours

15h30 Le mobilier néo-gothique du château de Sychrov en Bohême : le musée de Cluny comme source d’inspiration pour le sculpteur sur bois Petr Bušek (1824–1894). Jeanne Alis — Doctorante, Université Charles (Prague) ; Élève de 3e cycle, École du Louvre

16h15 — Pause

16h25 Mobilier néo-gothique au XIXe siècle : la maison Soubrier à Paris Michèle Mariez — Élève de troisième cycle, École du Louvre

17h10 Les costumiers parisiens et leurs planches de documentation de 1840 à 1940 : des sources inédites pour l’analyse du médiévalisme scénique. Lauren Launay — Doctorante contractuelle en Études Théâtrales, Sorbonne Nouvelle ; Élève de 3e cycle, École du Louvre ; Chercheuse associée, BnF

18h — Pour les participants de la journée qui n’ont pas pu participer à la visite de 13h45 : visite commentée de l’exposition « Reliures et ouvrages illustrés néo-médiévaux de la Réserve des livres rares » — par Lorenzo Carras-Pugibet (inscription le matin)

 

 

Publication : Enluminer l’amour

Lorenzo Carras-Pugibet, Claire Rousseau, Enluminer l’amour. Le manuscrit secret. Adélaïde Louise d’Eckmühl, Prince de Joinville, Henri-Dominique Lacordaire, Saint-Ouen, Les Éditions du Net, 2026.

Enluminure…

Le nom fait surgir à l’esprit les manuscrits les plus beaux du Moyen Âge et de la Renaissance. Mais l’art de décorer les livres, de peindre leurs marges et de créer des lettrines n’a jamais cessé.

Au XIXe siècle, cet art est partagé par les artistes professionnels et des amateurs. Les premiers créent et offrent leurs talents pour la copie des manuscrits anciens.

Leur savoir-faire est sollicité par les imprimeurs et les éditeurs soucieux de diffuser ces trésors grâce au procédé révolutionnaire de la chromolithographie. Les amateurs, en particulier les femmes, enrichissent leurs livres de prières de décors qu’elles colorisent. C’est ainsi qu’Adélaïde Louise d’Eckmühl, fille du maréchal Davout, peint, dans la fièvre d’un amour blessé, un livre d’heures pour le prince de Joinville, troisième fils de Louis-Philippe 1er, roi des Français. La jeune comtesse de Blocqueville exalte les missions maritimes du contre-amiral et sacrifie en silence ses espoirs. Une seule chose compte : que François d’Orléans revienne sain et sauf de ses expéditions et qu’il soit libéré de toute dérive amoureuse.

Inédit, ce manuscrit très personnel témoigne d’une page de l’histoire de la Marine sous la monarchie de Juillet. Offert au père Lacordaire en 1861 et oublié depuis son transfert dans les archives des Frères Prêcheurs de Toulouse en 1957, il trouve dans cette étude la lumière qui fait de nouveau briller ses ors.

La célébration des « 400 ans de la Marine nationale » lui offre un écrin tout particulier et l’enchâsse dans la longue histoire de la Marine.

Journée d’études : L’enluminure au XIXe siècle. De nouvelles perspectives pour la recherche

Organisé par Lorenzo Carras-Pugibet (Université Toulouse Jean Jaurès – Bibliothèque nationale de France)

Mardi 24 février 2026, 9h-17h – Hôtel Assézat, Toulouse

Première session animée par Jean Nayrolles – professeur des universités en Histoire de l’art contemporain ; Toulouse, UT2J

9h : Fergus Bovill – Doctorant contractuel en Histoire de l’art ; Oxford, Merton College

« From Manuscript to Collage: The Musée des Augustins tableautins and a New Aesthetic of the Manuscript Page in the 19th Century »

10h : Catherine Yvard – Conservateur des collections de la National Art Library ; Londres, Victoria and Albert Museum

« Nouvelles recherches autour de Caleb Wing »

11h : Wannes Wets – Historien de l’art ; Bruxelles, Académie royale d’archéologie et d’histoire de l’art de Belgique

« Between Tradition and Innovation. Maria Lemaire (1881-1944) and the Gothic Revival Illumination in Belgium »

Pause méridienne

Deuxième session, animée par Virginie Czerniak – présidente de la SAMF et maître de conférences en Histoire de l’art médiéval ; Toulouse, UT2J

14h : Perla Vincent – Doctorante contractuelle en Histoire de l’art ; Paris, École Pratique des Hautes Études

« Mettre en lumière les prières liturgiques. Les canons d’autel néo-médiévaux de la seconde moitié du xixe siècle conservés à Notre-Dame-des-Victoires et à Notre-Dame-de-Lorette à Paris »

15h : Lorenzo Carras-Pugibet – Doctorant et chargé d’enseignement en Histoire de l’art ; Toulouse, UT2J. Chercheur-associé ; Paris, Bibliothèque nationale de France

« Joseph Granié (1861-1915) et L’histoire de l’Hôtel-de-ville de Paris. Jalon majeur de l’enluminure française de la fin du xixe siècle et œuvre politique »

16h : Claire Rousseau – Historienne de l’art ; Rome, Institutum Historicum Ordinis Praedicatorum

« Regards croisés sur un manuscrit inédit. Le Livre d’heures des dominicains de Toulouse »

Contrat post-doctoral : Projet Imaginarm (littérature médiévale)

Date limite d’envoi des candidatures : 19 juin 2024.

Le projet IMAGINARM vise à fournir une étude exhaustive de l’héraldique arthurienne depuis ses débuts au XIIIe siècle jusqu’au XVIIe siècle, d’après ses trois canaux de transmission (les textes où les armoiries sont décrites, les enluminures des manuscrits où les artistes ont peint des armoiries reconnaissables, les armoriaux qui mettent en scène les écus des chevaliers).

La/le chercheur/euse post-doctoral.e aura pour mission spécifique de contribuer à cette recherche en s’intéressant aux textes et manuscrits arthuriens qui font partie de ce qu’on appelle la Queste « post-vulgate » (en particulier la Queste de Paris, BnF, fr. 343 et d’Oxford, Rawlinson D 874, ainsi que la partie Queste dans la compilation arthurienne du BnF, fr. 112). Il/ elle contribuera à envisager les possibilités pour pérenniser les recherches en cours, y compris par la conception d’un projet européen ERC. 

La/le chercheur/euse pourra se voir confier les missions suivantes : 

–       Transcription de manuscrits

–       Analyse littéraire et philologique 

–       Analyse codicologique 

–       Analyse iconographique

–      Conception de projet 

Conditions de candidature 

–       Être titulaire d’un doctorat (littérature médiévale) 

–       Avoir des compétences dans certains des domaines concernés par le projet (littérature arthurienne, héraldique, iconographie, paléographie, codicologie, philologie, analyse littéraire)

–       Avoir une maîtrise du français moderne, écrit et oral, et si possible de l’anglais

Modalités de candidature

–       CV 

–       Lettre de motivation (2 pages max) expliquant brièvement le parcours, l’adéquation avec le poste, le cadre d’analyse envisagé

–       Envoi de la thèse de doctorat et d’une autre contribution scientifique au choix

–       Envoi des candidatures au responsable du projet avant le 19 juin 2024 minuit à l’adresse suivante : francesco.montorsi [at] univ-lyon2.fr 

Retrouvez tous les détails sur le site du CIHAM.

Lorenzo Carras-Pugibet (Université Toulouse–Jean-Jaurès ; Bibliothèque nationale de France)

Lorenzo Carras-Pugibet est doctorant et chargé d’enseignement en Histoire de l’art, à l’Université Toulouse–Jean-Jaurès. Chercheur-associé de la Bibliothèque nationale de France, il consacre ses recherches au médiévalisme dans les arts du livre au cours du long XIXᵉ siècle, en particulier à la chromolithographie, à l’enluminure et à la reliure. Il prépare une thèse qui examinera le renouveau de l’enluminure en France au XIXᵉ siècle et plusieurs publications liées à ce sujet. Ses travaux abordent également le réseau des éditeurs liturgiques français et leurs illustrateurs, avec un intérêt particulier pour les maisons Curmer et Gruel-Engelmann. Ses principaux projets pour l’année 2026, qui bénéficient du soutien de l’association Modernités médiévales, sont la direction de deux journées d’étude, la co-organisation d’une exposition et la publication d’une étude monographique dédiée à un livre d’heures inédit, peint entre 1841 et 1842 (parution en avril).

Contacts

Adresse électronique : lorenzo.enluminure@gmail.com

Instagram : @lorenzo.enluminure